Firiel Rouibi

L’animation « cousue main »

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

IMG_5717

A 26 ans, Firiel Rouibi a déjà derrière elle un riche parcours professionnel. Après son CAP Couture et mode, cette iséroise originaire de Bourgoin-Jallieu enchaîne les missions en intérim dans sa spécialité : conception de robes de mariées, tissage technique chez Porcher Industries (parachutes, parapentes, etc), retouches, vente. D’autres contrats complètent ces missions, dans la restauration collective, mais aussi au club de foot local : ancienne joueuse, Firiel entraîne les petits avec enthousiasme. « Mon souhait était de créer des robes, mais je n’ai pas trouvé d’emploi stable, raconte-t-elle. Comme j’aimais le contact avec les enfants, j’ai économisé pour me payer le CAP Petite enfance en formation pour adultes au Greta. »

Polyvalence
Diplôme en poche en 2012, la jeune fille inonde la région de candidatures durant une année. Résultat : 70 refus, qui n’émoussent pas sa belle énergie. « Enfin, en septembre 2013, la Mission locale m’a proposé un poste à la mairie de Meyrié, un village voisin de Bourgoin. J’ai été embauchée en Emploi d’Avenir comme employée communale polyvalente. » Aux espaces verts le matin et durant les vacances scolaires, Firiel réalise aussi bien la tonte que les petits travaux ; l’après-midi, après le ménage de la cantine, elle prépare le temps périscolaire (installation du matériel, gestion de la présence des enfants et des intervenants), puis intervient dans l’animation de ce temps, entre 15h30 et 16h30. Enfin, après rangement, elle assure encore une heure de garderie. Pour la jeune employée, la polyvalence n’est pas un vain mot.

Un nouvel horizon
« Je voulais un diplôme supplémentaire pour continuer à travailler avec les enfants, explique Firiel. J’avais pensé au BAFA, mais la mairie m’a proposé le CQP et m’a encouragée. » Avec la formation du Centre de gestion, Firiel découvre le monde de l’animation. « Ayant mon CAP Petite enfance, je croyais être animatrice, mais en fait cela n’a rien à voir, c’est une autre façon de penser », confie-t-elle. Conception des animations, adaptation aux différents âges, découverte d’activités, façon de s’exprimer : « J’apprends beaucoup, se réjouit Firiel. Même si c’est plus difficile que le CAP, et qu’il faut travailler à la maison en plus du reste. »
Généreuse, la jeune animatrice n’oublie pas ses collègues du temps périscolaire à Meyrié et s’empresse de partager ses apprentissages avec eux. Elle prend aussi les devants pour améliorer les activités : « J’ai proposé une réunion avec la mairie, les Atsem et les animateurs pour faire un premier bilan des temps d’animation périscolaires, parce que c’est important de communiquer. » Dans le même esprit, elle a présenté aux instituteurs son projet conduit dans le cadre de la formation – un projet autour de l’environnement et du recyclage qui réunit toutes les générations.
La suite, Firiel l’imagine sur cette lancée. « Soit avec une embauche à mon poste, qui me plaît, soit en devenant Atsem, si je réussis ce concours déjà tenté plusieurs fois. » Et de conclure : « J’aime le milieu éducatif et l’animation à l’école. » Son sourire confirme.

***************************************************

Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Après une année de formation au CQP, Firiel Rouibi s’enthousiasme du chemin parcouru, et d’une vraie découverte : celle du métier d’animatrice. « Je croyais que c’était plus simple, confie-t-elle. Finalement, on se pose beaucoup de questions. La formation a changé mon regard sur le métier : j’ai découvert l’importance de la pédagogie. »

Mise en pratique

Firiel détaille presque avec gourmandise la liste de ses apprentissages : « Je ne savais pas qu’on pouvait intégrer les parents ou les personnels de la commune à nos activités, je ne connaissais pas les taux d’encadrement, je n’adaptais pas les activités à l’âge des enfants, j’étais plus focalisée sur les objectifs à atteindre, et j’ai compris que ce qui compte n’est pas le résultat final, mais que les enfants soient contents. J’ai aussi appris à plus les faire  participer. »

Pour son projet autour du recyclage, l’animatrice n’a pas ménagé ses efforts : mobilisation des parents et des agents municipaux, participation du CCAS, des associations de retraités, invitation d’une journaliste, création avec les enfants de jeux à partir des matériaux récupérés (quilles, chamboule-tout, etc) – jeux qui ont été utilisés à l’école en fin d’année scolaire pour la plus grande  fierté des enfants. « Je réfléchis déjà à l’an prochain, annonce l’infatigable Firiel. Je voudrais mobiliser le syndicat mixte des déchets, et proposer d’autres projets. »

L’avenir se précise

A la mairie de Meyrié, Firiel occupe toujours un poste polyvalent. Elle apprécie de passer des espaces verts à l’animation périscolaire. « J’ai fait un remplacement d’un mois au secrétariat mais je n’étais pas à l’aise, raconte-t-elle. Le téléphone, le mail, ce n’est pas pour moi : je suis plus à l’aise sur un tracteur que derrière un bureau ! » Pas d’hésitation non plus quant au travail avec les enfants. La formation a confirmé la motivation de l’animatrice, et lui a donné une aisance qu’elle apprécie. « Avec le diplôme, la mairie veut me confier plus de responsabilités, pour coordonner les intervenants notamment, et cela me plaît, se réjouit-elle. J’aime encadrer des groupes, prendre des décisions. »

Quant au BPJEPS, il s’avère bien tentant, mais Firiel devra surmonter son appréhension de la formation longue. « Cela m’intéresserait, mais j’hésite, je ne sais pas si j’aurai le niveau. » Tout en reconnaissant : « Le CQP m’a montré que j’étais capable de faire beaucoup de choses. » En attendant de trouver la confiance en elle, Firiel s’est réinscrite au concours d’Atsem – « parce que j’aime bien les petits et l’ambiance éducative… même si j’adore ce que je fais dans l’animation. » Encore un peu d’hésitation, mais l’avenir se dégage pour l’ex-couturière.

Publicités