Kevin Lefebvre

Naissance d’une ambition

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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A 21 ans, Kevin Lefebvre a déjà expérimenté des secteurs professionnels très divers. Au départ tenté par les espaces verts, il passe un CAP Horticulture à la Tour du Pin, mais cale en cours de préparation du bac professionnel. Commence alors un parcours précaire, de stages en CDD, dans la logistique comme préparateur de commandes, au parc Walibi comme opérateur d’attraction, en jardinerie, en librairie, etc. « En 2014, la Mission locale m’a proposé plusieurs stages au centre social des Avenières pour découvrir l’animation, raconte-t-il. Je ne connaissais rien au métier, et je l’imaginais plutôt avec des adolescents. »

Une vraie révélation

Kevin peut remercier la Mission locale et le centre social. A l’occasion d’un remplacement d’animateur péri-scolaire en maternelle, il fait une découverte : « Je pensais ne pas avoir la patience et ne pas être fait pour travailler avec des petits, et je m’étais trompé, reconnaît-il. Je me suis senti à l’aise, avec l’impression d’être très proche et complice des enfants. »

Quand la responsable de l’accueil de loisirs au centre social lui propose un Contrat d’Avenir, Kevin n’hésite pas : il passe le permis de conduire qui lui manque pour le poste, et signe dans la foulée, en juin 2014, un contrat de trois ans. « Aujourd’hui j’anime le péri-scolaire en maternelle, avec l’objectif de faire évoluer les enfants, de leur faire découvrir des choses et de partager avec eux. Je travaille aussi avec la crèche, et j’organise des événements, comme le Carnaval. » A quoi s’ajoute l’accueil de loisirs pendant les vacances, et le temps d’animation péri-scolaires des primaires le vendredi.

Voir plus loin

Heureux dans sa mission, Kevin sent pourtant qu’il manque de légitimité aux yeux de ses collègues. « Sans formation, je n’étais pas vraiment considéré comme un animateur », confie-t-il. C’est d’abord pour le diplôme qu’il accepte la formation au CQP que lui propose sa responsable. « Mais je découvre beaucoup de choses que j’ignorais, par exemple le développement de l’enfant, les normes, la possibilité d’adapter une activité à des âges différents, note le jeune homme. J’ai commencé à appliquer ces nouvelles connaissances rapidement, on a fait des petites expériences scientifiques avec les enfants : ils sont contents. » Et le regard des collègues change déjà. Quant aux parents, ils encouragent Kevin avec enthousiasme : « Ils ont inscrit leurs enfants spécialement le jour du jury, pour participer à ma certification ! »

Une reconnaissance qui donne confiance à l’animateur. Les yeux tournés vers le futur, il imagine déjà la suite : « J’aimerais passer un BPJEPS, et pourquoi pas ouvrir mon centre de loisirs. » Créer son propre centre ? « Oui, pour avoir des responsabilités, et mon propre projet, avec mon équipe. Je vais me renseigner sur les diplômes nécessaires. » Et voilà la naissance d’une belle ambition.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

La reconnaissance

Arrivé en fin de parcours de CQP, Kevin Lefebvre ne peut que se féliciter de cette année de formation. En quelques mois, il a pris de l’assurance dans son poste et vu le regard de ses collègues changer. La question ne se pose plus : il a toute sa place au sein de l’équipe du centre social des Avenières. Une belle reconnaissance pour ce jeune animateur motivé et consciencieux.

Forger ses armes

« J’ai rapidement mis en pratique ce que j’ai appris en cours, explique Kevin. J’ai ainsi pu trouver les mots pour calmer des conflits entre enfants, et d’une manière générale, adapter mon langage aux plus petits. Par exemple, mieux vaut leur parler de devinette que d’énigme : je ne m’en rendais pas compte avant. » Dans ses animations, le jeune homme a aussi trouvé ses marques : « Avec les maternelles, j’aime bien lire une histoire, puis lancer une activité en leur donnant une mission : ils aiment bien ça. Avec les plus grands, j’ai pratiqué les jeux sportifs et collectifs découverts en formation, comme la teck ou la gamelle. »

Une moisson d’idées et d’outils qui ont aidé l’animateur à forger ses armes. « Je m’affirme plus en réunion d’équipe, je donne mon avis et mes idées, confie-t-il. Les collègues échangent plus avec moi et me proposent plus de projets à partager. » Mieux, Kevin prend peu à peu des responsabilités : il coordonne un projet commun avec la ludothèque pour l’été. Il propose de fêter les anniversaires desenfants, ou de développer les liens entre maternelles et primaires durant les temps d’animation péri-scolaires, pour partager le goûter par exemple. Un goût pour l’organisation qui se confirme, même si le jeune homme reste prudent : « La formation et le CQP m’ont fait comprendre que l’animation est un domaine complexe, assure-t-il. Je suis toujours motivé par le BPJEPS, mais il me faudra beaucoup plus d’expérience avant de me lancer dans un projet de centre de loisirs. » Ça tombe bien : il a le temps devant lui.

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