Tiffany Léonard

Rencontre avec un métier

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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Tiffany Léonard le dit tout net : « avant », l’animation ne l’intéressait pas. Cette jeune femme de 23 ans originaire de Saint-Jean d’Avelanne, village du Nord-Isère, a toujours voulu travailler avec les enfants, dans une approche de service à la personne. Elle a donc passé un CAPA Service en milieu rural, un BEPA Service aux personnes, puis un CAP Petite enfance. « J’ai d’abord travaillé un an comme garde d’enfants chez des particuliers, puis j’ai remplacé une Atsem à l’école maternelle », raconte-t-elle. Jusqu’à l’expérience qui a tout changé.

Un autre regard

C’est un poste en centre de loisirs durant un été qui fait découvrir un nouvel horizon à Tiffany. « J’avais seule la responsabilité d’un groupe et il fallait trouver des activités, se souvient-elle. J’ai un peu demandé conseil et je me suis lancée : découvrir la variété des activités possibles avec les enfants a changé mon regard sur l’animation. »

A la rentrée 2014, nouveau poste, à la cantine de l’école de Pont-de-Beauvoisin, complété par la garderie le soir et des temps d’animation péri-scolaires deux fois par semaine. « En novembre, l’école de Saint-Jean d’Avelanne, où j’avais déposé un CV un an auparavant, m’a appelée pour remplacer une personne partant à la retraite, avec une transition en binôme jusqu’à la fin de l’année. » Pas d’hésitation : Tiffany démissionne. La voilà agent technique en Emploi d’Avenir pour trois ans.

Mode d’emploi

A Saint-Jean d’Avelanne, Tiffany assure la garderie puis une mission d’Atsem le matin, la cantine à midi, et les temps d’animation péri-scolaires trois fois par semaine. Sans oublier le ménage deux fois par semaine. « Quand la mairie m’a invitée à suivre la formation au CQP, j’ai eu peur, reconnaît-elle. Consacrer les mercredis et les vacances à préparer trois certifications, c’est lourd – et j’avais aussi l’impression de devoir retourner en cours. » Une appréhension vite dissipée : l’apprentissage de nouvelles compétences, l’approche concrète de la formation ont vite séduit la jeune animatrice. « Ça m’aide déjà au quotidien, se réjouit-elle. Par exemple, je fais maintenant un planning au lieu de préparer les activités au jour le jour, et je vois mieux comment m’organiser. »

Autre découverte : la réflexion globale sur la cohérence entre activités, qui fait « sortir de la routine « Noël, Pâques, Fête des Mères » », dit Tiffany avec humour. Et de préparer avec enthousiasme un projet sur les monstres, décliné sous de multiples formes : coloriage, histoires, papier déchiré, création de monstres, réalisation d’un livre. « C’est beaucoup plus intéressant pour moi et pour les enfants », assure-t-elle. Dans le même élan, elle commence à développer des échanges avec l’institutrice, en lien avec le projet de l’école.

« Idéalement, j’aimerais prolonger mon poste avec le Contrat d’Avenir, confie-t-elle. J’ai envie de faire profiter de ma formation les enfants et mes collègues qui n’ont pas eu la chance de la suivre. » Une vraie rencontre avec un métier : Tiffany ne regrette pas son changement d’orientation.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Un bagage pour aller plus loin

A l’issue de sa prmeière année en Emploi d’Avenir, Tiffany Léonard tire un bilan en deux couleurs. D’un côté, l’incertitude liée à l’avenir de son poste rend sa situation difficile. « Je devais remplacer comme Atsem une personne partie à la retraite, mais ce n’est plus d’actualité, regrette-t-elle. Je ne sais pas quelle mission me sera confiée par le syndicat intercommunal qui m’a embauchée, c’est l’inconnu. » Une déception pour la jeune recrue, tellement enthousiasmée par ses activités péri-scolaires. « Mais cela n’entame ni ma motivation, ni mes envies », assure Tiffany, qui préfère s’attarder sur le meilleur : les gratifications de la formation au CQP.

Valorisée et enrichie

« La formation a été aussi lourde qu’enrichissante, explique Tiffany avec son franc-parler. Cela a parfois été difficile de travailler à la maison le soir et le week-end, après des journées bien remplies, et j’ai dû fournir un gros effort personnel. Mais ça valait vraiment la peine : on nous a donné des connaissances et des informations riches, que j’ai pu mettre en pratique directement. » Pour son projet réalisé avec les enfants, par exemple. « Je suis en train de terminer le livre sur les monstres, ce fut une aventure difficile car je n’avais pas fait de véritable planning, mais c’était une idée ambitieuse. » La formation a aidé l’animatrice à structurer ses interventions. « J’ai appris à monter un projet au lieu d’enchaîner des activités sans lien, explique-t-elle. Si je devais refaire le livre, je m’y prendrais autrement : j’établirais un planning, et j’envisagerais des collaborations avec la bibliothèque, par exemple. » Une chose est sûre : Tiffany a pris plaisir à travailler sans routine, en donnant du sens à son activité. « J’ai l’impression d’apporter des choses aux enfants, c’est valorisant », résume-t-elle. Et, sans perdre sa belle énergie : « Avec le CQP, j’ai un bagage supplémentaire, qui me servira pour aller plus loin, ici ou ailleurs. » C’est une certitude.

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