Charlotte Foscallo

Sur tous les fronts

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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Pour Charlotte Foscallo, tout est allé très vite. Après un CAP Prêt à porter passé sans grand intérêt pour ce secteur, elle démarre un Bac pro Commerce, puis connaît l’expérience de la maternité à 19 ans. Ayant interrompu ses études, la jeune fille cherche du travail, en vain, pendant plusieurs années. Jusqu’à ce qu’elle apprenne, en juin 2014, qu’une école cherche quelqu’un en Contrat d’Avenir.

Trois communes

En fait, c’est le syndicat scolaire intercommunal, réunissant les communes de Cras, Morette, Chantesse, Vatilieu et Notre-Dame de l’Ozier, qui embauche Charlotte en septembre 2014. « J’ai l’expérience de mes deux enfants, et j’ai beaucoup appris au contact de mes collègues : il faut être bien organisée. » Et pour cause : la jeune femme intervient dans les écoles de trois villages, comme Atsem, pour assurer la cantine et le péri-scolaire et aussi en garderie. « Ça ne me dérange pas de passer d’une commune à l’autre, c’est varié, ça me plaît », assure-t-elle.

Courageuse, Charlotte mène de front sa vie de famille, son emploi du temps dans plusieurs établissements, et les cours par correspondance : « Je prépare le CAP Petite enfance, explique-t-elle. Je travaille le soir à la maison. »

 

Regard professionnel

Du travail supplémentaire avec la préparation au CQP ? Pas de problème, a dit Charlotte quand son employeur l’a orientée vers la session de formation : « Ça me donnera un diplôme supplémentaire, et ça m’apporte beaucoup pour mon travail. » Et d’expliquer, avec le recul d’une professionnelle aguerrie : « Dans ce métier, il faut savoir rebondir, s’adapter : rien ne se passe jamais comme prévu. On n’a ni l’école parfaite, ni les enfants parfaits, ni le budget parfait : à nous d’adapter sur le terrain les enseignements de la formation. » C’est ce qu’elle fait avec les différentes tranches d’âge dont elle s’occupe, en préparant un projet autour du tri et du recyclage des déchets, ou dans ses relations avec les enseignants. Appréciant la spontanéité des enfants « qui ne calculent pas », et abordant sa mission avec douceur et détermination. « J’espère obtenir mon CAP et mon CQP, puis être titularisée à mon poste actuel ou comme Atsem », confie-t-elle. Et pourquoi pas continuer plus loin, sur ce bel élan ?

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Des efforts récompensés

 Charlotte Foscallo le reconnaît volontiers : ce fut une année difficile. Ajouter une formation CQP à son emploi du temps de jeune maman intervenant dans plusieurs communes était un défi pour elle, qui se formait déjà par correspondance au CAP Petite enfance. « Il m’a fallu tout combiner en même temps, m’organiser pour travailler à la maison parfois jusqu’à une heure du matin ou plus, confie-t-elle. Cela a été long et pas tous les jours facile, mais intéressant. » Un temps, puis elle reprend : « Je se sens fière de l’avoir fait. On nous a donné une chance d’être formés, on s’est donné les moyens : il y a eu des moments de doute jusqu’au bout, mais quand on valide, on se dit qu’on était finalement capable. »

Un nouveau regard

Rassurée sur ses capacités, Charlotte est aussi satisfaite des apports concrets de la formation. « On a vraiment appris à monter un projet de A à Z, à évaluer notre travail, à amener les enfants à participer, explique-t-elle. Mon regard a changé sur le péri-scolaire, avant je le considérais plus comme de la garderie, je ne travaillais pas comme ça. » La jeune animatrice a mené à bien son projet autour du tri et de recyclage, réalisant avec les enfants de CP un drôle de bonhomme en matériaux de récupération.

Charlotte, qui a signé le renouvellement de son Contrat d’Avenir pour deux, envisage l’avenir avec un nouveau regard et des repères plus solides pour mener à bien sa mission. Elle continue à préparer son CAP, toujours aussi motivée pour passer le concours d’Atsem. « Si je l’obtiens, je pourrai être embauchée après mes deux années en Contrat d’Avenir, espère-t-elle. Pour moi, le métier d’Atsem permet d’être encore plus au contact des enfants et à leur écoute. Dans le cadre du péri-scolaire, on n’a que 45 minutes avec eux, et ce ne sont pas toujours les mêmes enfants, c’est frustrant. » Une vraie motivation anime Charlotte, et un courage inentamé lui permet d’avancer. Ce qu’elle résume en trois mots : « Il faut s’accrocher. »

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