Erika Fink

Une vocation d’enfance

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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Deux heures de route : il faut à Erika Fink une belle motivation pour suivre la formation du Centre de gestion à Bourgoin-Jallieu. La jeune fille de 19 ans, qui vit en Ardèche, a été recrutée fin 2014 par la mairie de Vernioz en Isère, comme agent polyvalent et animatrice des temps péri-scolaires.

La motivation ne fait pas défaut à Erika, et elle lui vient même de loin : « J’ai toujours eu le goût de m’occuper des enfants, depuis toute petite, confie-t-elle. J’ai d’ailleurs commencé avec mon petit frère ! » En 2012, elle a donc passé son CAP Petite enfance, avec l’idée de devenir Atsem.

Plonger dans le bain

« Après mon CAP, se souvient Erika, on m’a expliqué que le domaine de la petite enfance offrait peu de postes, j’ai donc commencé une Mention complémentaire Aide à domicile pour être sûre de trouver du travail. » Mais la motivation est plus forte. La lycéenne abandonne les cours, sûre de sa voie. Trouve quelques travaux alimentaires, puis un remplacement qui va la marquer : « De mars à septembre 2014, j’ai été animatrice vie quotidienne en classe verte, et en centre de loisirs, à Pélussin dans la Loire : j’étais la seule animatrice pour deux classes à la fois, avec quelques enfants en difficulté ou handicapés. C’était ma première expérience ; j’ai demandé quelques conseils et je me suis lancée. »

Une immersion qui la ravit. « Découvrir des enfants de milieux différents, leur enseigner des règles de vie, leur apprendre à devenir plus autonomes : cela m’a plu de sentir que je leur apportais quelque chose, et que leur retour était positif. » Une vraie vocation.

Saisir sa chance

A la mairie de Vernioz, Erika intervient pour le ménage et la cantine en plus des temps d’animation péri-scolaires. Quand son employeur lui propose le CQP, elle n’hésite pas une seconde : « C’est un diplôme supérieur au BAFA, qui donne une plus grande ouverture, assure-t-elle. Même si je dois venir de loin, je ne pouvais pas rater cette occasion de me former. C’est une chance qu’on me l’ait proposée ! La formatrice nous pousse vraiment et nous aide à définir précisément nos objectifs : je découvre pas mal d’aspects que j’ignorais. »

Pour son projet de formation, Erika travaille avec un groupe d’enfants de son village sur une histoire racontée via un kamishibai – un théâtre de papier japonais. « Nous sommes préparés grâce à la formation, dit-elle. Je suis confiante. »

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Continuer sur la lancée

Pour Erika Fink, l’année qui vient de s’écouler a confirmé l’envie de travailler avec les enfants. Outre sa mission d’animation péri-scolaire, la mairie lui a confié un remplacement d’Atsem. Un surplus de travail non négligeable, surtout pour la jeune femme qui habite loin de son lieu de travail, mais qu’elle a apprécié : « Cette expérience confirme mon envie de devenir Atsem, même si j’aime aussi l’animation : en fait, tout me plaît du moment que j’apporte quelque chose aux enfants, c’est cela qui compte. »

Complément au CAP

Erika a profité de la formation au CQP pour enrichir ses connaissances acquises lorsqu’elle avait passé le CAP Petite enfance. « Cela m’a apporté des rappels utiles sur l’imagination, la créativité, l’autonomie des enfants », souligne-t-elle. Plus encore, les cours ont aussi été un soutien et une motivation lorsque l’animatrice se sentait fatiguée ou confrontée à des obstacles dans la réalisation de son projet autour du kamishibaï. « Il a fallu tout recommencer au début quand les grandes sections ont rejoint le groupe, heureusement la formatrice m’a donné des solutions et ma tutrice m’a poussée. » Un soutien bienvenu tout au long d’une année intense. Et Erika de souligner l’importance à ses yeux de la dynamique au sein groupe de jeunes animateurs en formation, « soudés et motivés », autre précieux appui.

« On a parfois des frustrations, quand des enfants choisissent de partir vers une autre activité alors qu’on est investis dans un projet cohérent de A à Z, précise Erika. La réalité de terrain est plus compliquée que la théorie, il faut savoir s’adapter, être souple pour rebondir, se dire que l’essentiel n’est pas le résultat mais le plaisir de l’enfant. »

Erika tire un bilan positif de cette année de formation. « J’ai appris à mieux informer les parents, à organiser mes temps d’animation, maintenant je réfléchis à de nouvelles idées de projets, à mener en équipe. » Et la jeune femme a décidé de poursuivre dans l’élan de la formation : « Je voudrais me former en Français pour améliorer mon écrit, et peut-être suivre d’autres formations par la suite, en accord avec les élus. » Pleine de confiance, Erika peut regarder l’avenir avec sérénité.

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