Tiffany Delphin

Une tranquille assurance

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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 Depuis toujours, Tiffany Delphin a envie d’aider les autres. Sa première idée est de devenir monitrice-éducatrice pour sourds et muets ou pour jeunes délinquants. Elle aime les enfants, aussi, et passe son Bafa à 17 ans pour travailler pendant les vacances au centre aéré de son enfance aux Echelles (Savoie). En 2009, elle passe, sans succès, un BEP Carrières sanitaires et sociales.

Saisir l’occasion

« Puis j’ai eu ma fille et je n’ai pas travaillé durant trois années, explique Tiffany. Après cette pause, j’ai enchaîné les petits boulots et beaucoup cherché avant de trouver un emploi d’insertion en ressourcerie, en 2014. » C’est dans ce cadre, avec l’aide d’un chargé d’insertion, que la jeune femme conçoit son projet : devenir Atsem et/ou auxiliaire-puéricultrice en crèche. En quête d’un Emploi d’Avenir à la Maison de l’emploi, elle tombe sur l’offre de la mairie de Pommiers-la-Placette en décembre 2014 : un poste d’animatrice péri-scolaire et d’animation à la MJC de Voreppe pendant les vacances. L’occasion est trop belle : Tiffany est recrutée par le Centre de gestion en Contrat d’Avenir d’un an renouvelable deux fois, et démarre le 1er janvier 2015.

« Le péri-scolaire est très différent de l’animation durant les vacances, constate-t-elle. Le temps est plus court, plus rapide et plus rythmé, et on n’a pas tous les enfants tout le temps : cela nécessite plus de souplesse. »

Se former pour approfondir

A 24 ans, Tiffany garde le cap sur son projet, et profite de son expérience d’animatrice péri-scolaire pour explorer de nouvelles approches et élargir ses connaissances. « La formation au CQP aborde les choses de façon plus complexe que le Bafa, souligne-t-elle. On rentre plus dans les détails, ce qui me permet d’approfondir ce que je connaissais. Le CQP est aussi plus orienté vers l’école, notamment sur la réglementation. » En dépit des semaines bien chargées, Tiffany prend le temps de préparer à la maison ses animations, son projet et ses cours. Avec la même motivation : « Le CQP m’aidera peut-être à devenir Atsem sans passer le concours, mais surtout il m’apporte des connaissances utiles pour passer le CAP Petite enfance. » Un CAP que la jeune femme est prête à passer par correspondance en poursuivant sa mission en Contrat d’Avenir. « Je sais que je n’ai pas terminé, mais je sais ce que je veux », dit-elle avec une tranquille assurance.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Progresser pas à pas

Tiffany Delphin se souviendra de cette première année en Emploi d’Avenir. Entre sa mission à Pommiers-la-Placette et à Voreppe, sa vie de famille et la formation pour le CQP, elle avoue pudiquement que les semaines furent « bien chargées ». La jeune femme ne compte pas les nuits où elle a travaillé jusqu’à trois heures du matin pour terminer ses dossiers et préparer ses cours. Un investissement lourd, mais dont elle se félicite : « La formation m’a servi dans mon métier, en approfondissant les bases que j’avais, explique-t-elle. Contrairement au centre aéré, l’animation péri-scolaire permet de construire un projet sur toute l’année, avec un suivi entre les séances : c’est plus intéressant et les enfants savent où on en est, c’est tout-à-fait différent. »

Reconnaissance

Obtenir un diplôme comme le CQP n’est pas anodin pour Tiffany. « Cela change le regard des élus, souligne-t-elle. Mon tuteur administratif m’a dit qu’il constatait la différence entre ma façon de travailler et celle des titulaires du Bafa. » Une vraie reconnaissance pour l’animatrice, qui envisage sa mission différemment. « Pour la rentrée, je pourrai monter mon projet dès le début de l’année. Je voudrais réaliser un journal du péri-scolaire avec les enfants à partir du CP. On pourrait sortir un numéro à chaque période de vacances. » Grâce à sa formation, Tiffany ne se lance pas au hasard : elle réfléchit à la manière de monter ce projet, d’organiser les séances, et surtout, de présenter l’idée aux enfants.

A moyen terme, Tiffany garde les yeux sur son objectif : le CAP Petite enfance. « Je n’ai pas été dégoûtée par les nuits de travail ! », plaisante-t-elle. Son courage et sa motivation lui permettent d’aborder sereinement la perspetive de deux ans de formation par correspondance, en plus de son poste. « J’ai toujours envie d’être Atsem, dit-elle. Le métier permet d’être plus en contact avec les enfants, toute la journée, et l’animation me servira pour être Atsem. C’est un beau métier. » Une conviction intacte.

 

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