Lynda Saoud

Dans le feu de l’action

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Lynda Saoud

Pour Lynda Saoud, tout a commencé sur des malentendus. Elle voulait être hôtesse d’accueil en aéroport, mais le bac pro Accueil formait à la vente et au commerce : elle a tout arrêté en fin de seconde. Inscrite à la Mission locale, elle finit par décrocher un stage d’Atsem dans une école maternelle de Fontaine. Un mois qui confirme son intérêt pour le travail avec les enfants, et qu’elle prolonge donc par le BAFA. Son brevet en poche, la jeune fille postule pour un stage pratique auprès de toutes les mairies de la région. « La Ville de Fontaine m’a contactée pour un entretien, raconte-t-elle tout sourire. Je croyais que c’était pour un stage, en fait c’était pour un Emploi d’Avenir de 3 ans. Et j’ai été recrutée parmi de nombreux candidats ! » Première mineure embauchée en Emploi d’Avenir dans le secteur, Lynda a les honneurs de la presse locale, et démarre en fanfare début janvier 2015 dans une école primaire de la commune.

Rude réalité

« Je me suis jetée dans le bain, et la première semaine a été très difficile, explique Lynda. Nous avons des enfants en difficulté, avec beaucoup d’insultes qui volent ! J’ai pensé qu’à 17 ans, j’étais trop jeune, mais ma responsable avait confiance en moi. » Au fil des jours, la jeune fille découvre son atout : sa faible différence d’âge avec les élèves l’aide à nouer le contact, à jouer avec eux tout en gardant sa place d’animatrice. « Je ne suis pas une enfant, je les reprends sur leur langage, je leur explique les choses, et ça se passe bien, dit-elle. En fait, ils ont besoin de beaucoup d’attention. » Culture de légumes au potager, création d’un épouvantail, préparation de gâteaux, rédaction d’un petit journal du périscolaire : Lynda ne ménage pas ses efforts auprès des élèves et n’échangerait pas son poste pour un empire.

Apprendre encore

Pour la formation CQP, Lynda a vécu un scénario similaire, avec trois premiers jours compliqués : le « retour à l’école » passait mal. Mais l’alternance de cours théoriques et d’interventions pratiques, la découverte de pans entiers de savoir-faire et de connaissances ont vite balayé les réticences « anti-scolaires ». « J’apprends énormément, se réjouit la jeune animatrice. Et j’essaie de mettre en pratique dans mes animations : je prépare mes fiches séances, je fais un bilan avec les enfants qui me permet de comprendre pourquoi quelque chose a cloché, et comment je peux corriger. » La greffe a pris, au point que Lynda espère désormais pouvoir suivre de nombreuses formations, envisageant un BPJEPS pour continuer dans la voie qui s’est ouverte à elle. Elle n’a que 17 ans et demi, après tout.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

De nouveaux horizons

Ce n’est pas parce qu’elle est devenue majeure durant les dernières semaines que Lynda Saoud se sent de plus en plus à l’aise dans sa mission, mais bien parce qu’elle se nourrit de sa formation au CQP avec avidité et enthousiasme. « Les six premiers mois sont passés très vite, résume-t-elle. J’apprécie l’alternance, qui permet de mettre en pratique rapidement ce qu’on apprend. » Par exemple, la préparation des séances, les bilans, les relations avec les parents… mais aussi de nouveaux jeux découverts auprès des collègues stagiaires.

Pourquoi pas moi ?

A la rentrée 2015, Lynda a changé d’école, toujours à Fontaine. « Il a fallu se réadapter au fonctionnement des collègues, connaître les enfants : c’est très différents et cela m’ouvre de nouveaux horizons. Les enfants sont très demandeurs et à l’écoute, j’ai une bonne complicité avec eux en raison de notre faible écart d’âge, mais j’explique bien ce que je fais, et pourquoi je punis. » Mais les petits, apprenant qu’elle passait les épreuves de son diplôme, ont encouragé leur animatrice avec chaleur. Quelle meilleure récompense ?

Loin de s’arrêter en chemin, la jeune animatrice se sent pousser des ailes. « Je veux avoir beaucoup de bagages, dit-elle franchement. J’ai arrêté l’école en Seconde, mais maintenant je veux me former le plus possible. » D’abord, passer le BPJEPS. Ensuite, devenir directrice d’un centre de loisirs. « Et puis je pense à créer mon propre centre de loisirs, confie Lynda. Je me suis dit : « pourquoi pas moi ? » Je veux montrer que c’est possible. » Et d’encourager ses amies à poursuivre leurs études, à ne pas renoncer à leurs projets, en montrant elle-même l’exemple. « Je vais tout faire pour réaliser mon rêve », assure-t-elle. Le chemin ne fait que commencer.

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