Marine A.

Un beau tremplin

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

Marine A

C’est d’abord l’histoire d’une désillusion. Gardoise d’origine, Marine a passé un BTS de Communication en 2011, qui n’a débouché sur aucun emploi pérenne. « Période de grand froid », dit-elle pudiquement pour décrire trois difficiles années de chômage, de petits boulots en CDD et de remise en question profonde. « Je me voyais chargée de com’, j’avais fait une mission dans un festival, créé des associations, mais sans rien de concret au bout », raconte-t-elle. Aussi, quand son compagnon est embauché à Saint-Pierre de Chartreuse, la jeune femme n’a guère de regret à changer de région.

Réfléchir et construire

A peine installée, Marine est embauchée en février 2015 par la mairie de Saint-Pierre en Emploi d’Avenir pour trois ans (elle réside en effet en « zone de revitalisation rurale », à Saint-Pierre d’Entremont). Elle occupe un poste double d’agent d’accueil à la mairie et d’animatrice à la cantine et pour le péri-scolaire. Et démarre la formation au CQP dans la foulée. « Je me suis dit que ça serait un appui pour ma pratique, note-t-elle. J’ai besoin d’outils pour organiser les activités car l’animation n’est pas mon secteur, et j’apprécie qu’on me donne des clés, des idées, des indications sur les comportements à tenir dans des situations particulières : il faut que je découvre tout en peu de temps ! » Rien pour affoler la jeune femme de 25 ans, dont les petites appréhensions se sont évaporées dès les premiers contacts avec les enfants et les collègues. Et son bagage lui permet d’envisager cette période de découverte avec recul : « Plongée dans le bain, j’essaie de dégager du temps pour réfléchir et commencer à faire mes propositions d’activité et de projets ».

Cap sur la pédagogie

Tout de suite, Marine s’est intéressée aux liens envisageables avec les enseignants de l’école. « Question de cohérence pédagogique », dit-elle. Avant d’ajouter : « Mais c’est à moi de faire la démarche pour savoir quels liens pourraient être noués, quitte à bousculer un peu les habitudes. » Dès qu’elle aura pris ses marques et monté son projet autour de l’environnement (son village est dans le Parc naturel de Chartreuse) dans le cadre du CQP, la jeune femme espère créer une relation plus approfondie.

Une démarche qui l’intéresse d’autant plus que ces premières semaines auprès des enfants ont été révélatrices : « J’ai l’impression que d’avoir mis les pieds à l’école a allumé une étincelle et réveillé une envie qui était là, confie Marine. Je réfléchis à devenir institutrice ! » L’Emploi d’Avenir en péri-scolaire et la formation pour le CQP sont pour elles un vrai tremplin pour faire décoller cette nouvelle vocation à l’épreuve de l’expérience.

 

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Passage à la pratique

Sa première année en Emploi d’Avenir, Marine la résume d’une formule : « j’ai vécu une vie totalement nouvelle ». Travail, formation, région : tout a changé pour la jeune femme, qui s’avoue un peu submergée par la vitesse des changements. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier son nouveau métier avec un enthousiasme grandissant. « Mon envie de travailler avec des enfants a été confirmée », se réjouit-elle.

Rassurée et détendue

Débutante dans l’animation, Marine s’est appuyée sur la formation au CQP pour trouver la confiance en elle, et la confirmation que ses intuitions étaient justes. « La formation m’a aidée à mettre mes idées en place : j’avais plein d’idées mais la méthode pour les appliquer. Au fil du temps, les liens se tissent avec les enfants et tout se passe bien. » Rassurée, Marine a pris de l’assurance : « J’ai réussi à mettre mes idées en pratique, et ma façon de travailler a évolué en quelques mois. Au début, je voulais tellement bien faire que je me mettais trop de pression sur le dos. Maintenant, ça va mieux, les enfants m’ont adoptée ! » Même satisfaction quant à la relation avec ses collègues et sa tutrice, qui ont félicité la jeune animatrice pour son projet autour de l’environnement. « J’ai organisé des séances de loisirs créatifs à partir d’objets recyclés, pour les petites sections et jusqu’au CM1. »

Toujours en double poste à la mairie – une mission variée et active qui lui convient bien, Marine espère dorénavant prendre toute sa place au sein de l’équipe, aux côtés des enseignants notamment, pour participer à la vie de l’école avec un esprit de cohésion. « Le CQP est essentiel pour ça, assure-t-elle. Il me légitime y compris aux yeux des parents : c’est la reconnaissance d’un savoir-faire. »

Pour la suite, la jeune femme se laisse le temps de la réflexion. Même si elle n’a pas mis de côté son projet de passer le concours d’institutrice, elle a « besoin de recul avant de faire le point ». Toujours réfléchie et consciencieuse, elle a encore deux années de Contrat d’Avenir pour se décider.

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