Qu’est-ce qu’un CQP animateur périscolaire ?

Le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) est un diplôme de niveau V. Il donne une équivalence pour le BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur). Il permet aussi de valider 2 UC (unités capitalisables) pour le BPJEPS loisirs tout public (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport).
La formation se déroule en alternance entre la collectivité (200h) et des temps théoriques (217h).
Pour la certification, le candidat doit valider 3 épreuves : une à partir d’un dossier de 10 à 15 pages qui présente la structure et le projet d’animation, une autre sur un oral où le candidat fait part de son projet autour de l’accueil du public et une autre épreuve consiste à construire et à mener une séance d’animation face à un groupe d’enfants (le jury se déplace sur site).
Le tutorat est un élément essentiel pour la réussite de la formation et pour accompagner le jeune dans son évolution professionnelle. Ce tuteur doit avoir des diplômes dans le domaine de l’animation.

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Amina Chalal

Donner du sens à sa pratique

 Rencontre en cours de formation (octobre 2015)

Amina Chalal 

Pour Amina Chalal, l’orientation n’a pas été une réussite. Depuis toujours motivée par le travail auprès des enfants, elle a été guidée vers un BEP Carrières sociales et sanitaires pas vraiment adapté à ses souhaits. « Le cursus portait plus sur les personnes âgées, ça ne me correspondait pas, se souvient-elle. J’ai donc arrêté avant la fin du BEP, j’avais 17 ans. J’ai passé le Bafa. » La directrice du centre de loisirs de sa commune, Pont-de-Claix, lui propose de remplacer une animatrice à l’essai, les mercredis et vacances. « Ça s’est très bien passé, et on m’a donné de plus en plus de responsabilités », raconte Amina, qui signe en 2012 un contrat d’insertion à mi-temps.

Première marche

Après trois années, en février 2015, le Centre de gestion de l’Isère propose à la jeune femme un Contrat d’avenir de trois ans. Son poste, sur la commune voisine de Champagnier, comprend à la fois les temps péri-scolaires le mardi et le vendredi, la pause méridienne, le suivi administratif de la cantine en mairie, de l’entretien et la sécurité des abords de l’école le matin. « Ici, je suis plus en milieu rural, c’es très différent, note Amina. C’est une autre façon de travailler, des activités différentes : par exemple on ne fait pas de slam ! » D’abord un peu impressionnée par ce nouveau cadre, l’animatrice prend ses marques peu à peu et se voit chargée de nouvelles responsabilités, comme la coordination de la cantine. Et la formation au CQP lui ouvre des perspectives. « J’appréhendais un peu au début, mais finalement c’est super, confie-t-elle. Le domaine me passionne et j’adore apprendre de nouvelles choses sur les besoins de l’enfant, ou la pédagogie. Je sais pourquoi je fais les choses, cela donne du sens à ma pratique. »

Dans la foulée, Amina espère enchaîner avec le BPJEPS. Une suite logique, pour elle, afin d’approfondir la formation et d’obtenir un diplôme supplémentaire. « C’est important pour être reconnue et fière de soi », dit-elle. Car son objectif serait de devenir éductrice spécialisée. Consciente du chemin à parcourir, elle l’envisage avec sérénité : « Il faudra reprendre des études, mais cela me motive, car j’ai envie d’intégrer une dimension d’aide à mon métier. » La première marche est bientôt franchie : un bon début.

Marine A.

Un beau tremplin

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

Marine A

C’est d’abord l’histoire d’une désillusion. Gardoise d’origine, Marine a passé un BTS de Communication en 2011, qui n’a débouché sur aucun emploi pérenne. « Période de grand froid », dit-elle pudiquement pour décrire trois difficiles années de chômage, de petits boulots en CDD et de remise en question profonde. « Je me voyais chargée de com’, j’avais fait une mission dans un festival, créé des associations, mais sans rien de concret au bout », raconte-t-elle. Aussi, quand son compagnon est embauché à Saint-Pierre de Chartreuse, la jeune femme n’a guère de regret à changer de région.

Réfléchir et construire

A peine installée, Marine est embauchée en février 2015 par la mairie de Saint-Pierre en Emploi d’Avenir pour trois ans (elle réside en effet en « zone de revitalisation rurale », à Saint-Pierre d’Entremont). Elle occupe un poste double d’agent d’accueil à la mairie et d’animatrice à la cantine et pour le péri-scolaire. Et démarre la formation au CQP dans la foulée. « Je me suis dit que ça serait un appui pour ma pratique, note-t-elle. J’ai besoin d’outils pour organiser les activités car l’animation n’est pas mon secteur, et j’apprécie qu’on me donne des clés, des idées, des indications sur les comportements à tenir dans des situations particulières : il faut que je découvre tout en peu de temps ! » Rien pour affoler la jeune femme de 25 ans, dont les petites appréhensions se sont évaporées dès les premiers contacts avec les enfants et les collègues. Et son bagage lui permet d’envisager cette période de découverte avec recul : « Plongée dans le bain, j’essaie de dégager du temps pour réfléchir et commencer à faire mes propositions d’activité et de projets ».

Cap sur la pédagogie

Tout de suite, Marine s’est intéressée aux liens envisageables avec les enseignants de l’école. « Question de cohérence pédagogique », dit-elle. Avant d’ajouter : « Mais c’est à moi de faire la démarche pour savoir quels liens pourraient être noués, quitte à bousculer un peu les habitudes. » Dès qu’elle aura pris ses marques et monté son projet autour de l’environnement (son village est dans le Parc naturel de Chartreuse) dans le cadre du CQP, la jeune femme espère créer une relation plus approfondie.

Une démarche qui l’intéresse d’autant plus que ces premières semaines auprès des enfants ont été révélatrices : « J’ai l’impression que d’avoir mis les pieds à l’école a allumé une étincelle et réveillé une envie qui était là, confie Marine. Je réfléchis à devenir institutrice ! » L’Emploi d’Avenir en péri-scolaire et la formation pour le CQP sont pour elles un vrai tremplin pour faire décoller cette nouvelle vocation à l’épreuve de l’expérience.

 

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Passage à la pratique

Sa première année en Emploi d’Avenir, Marine la résume d’une formule : « j’ai vécu une vie totalement nouvelle ». Travail, formation, région : tout a changé pour la jeune femme, qui s’avoue un peu submergée par la vitesse des changements. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier son nouveau métier avec un enthousiasme grandissant. « Mon envie de travailler avec des enfants a été confirmée », se réjouit-elle.

Rassurée et détendue

Débutante dans l’animation, Marine s’est appuyée sur la formation au CQP pour trouver la confiance en elle, et la confirmation que ses intuitions étaient justes. « La formation m’a aidée à mettre mes idées en place : j’avais plein d’idées mais la méthode pour les appliquer. Au fil du temps, les liens se tissent avec les enfants et tout se passe bien. » Rassurée, Marine a pris de l’assurance : « J’ai réussi à mettre mes idées en pratique, et ma façon de travailler a évolué en quelques mois. Au début, je voulais tellement bien faire que je me mettais trop de pression sur le dos. Maintenant, ça va mieux, les enfants m’ont adoptée ! » Même satisfaction quant à la relation avec ses collègues et sa tutrice, qui ont félicité la jeune animatrice pour son projet autour de l’environnement. « J’ai organisé des séances de loisirs créatifs à partir d’objets recyclés, pour les petites sections et jusqu’au CM1. »

Toujours en double poste à la mairie – une mission variée et active qui lui convient bien, Marine espère dorénavant prendre toute sa place au sein de l’équipe, aux côtés des enseignants notamment, pour participer à la vie de l’école avec un esprit de cohésion. « Le CQP est essentiel pour ça, assure-t-elle. Il me légitime y compris aux yeux des parents : c’est la reconnaissance d’un savoir-faire. »

Pour la suite, la jeune femme se laisse le temps de la réflexion. Même si elle n’a pas mis de côté son projet de passer le concours d’institutrice, elle a « besoin de recul avant de faire le point ». Toujours réfléchie et consciencieuse, elle a encore deux années de Contrat d’Avenir pour se décider.

Victor Dufat-Bonino

Retour gagnant à l’école

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

V. Bufat-Bonino

Pour Victor Dufat-Bonino, l’école a longtemps été un mauvais souvenir. Lycéen en seconde professionnelle à Bourgoin-Jallieu, il abandonne en cours de route, en 2013, et traverse une période confuse. Tente un CAP Cuisine, mais n’accroche pas, fait quelques stages qui lui donnent confiance dans le milieu professionnel, cherche des petits boulots alimentaires, se cherche aussi. « J’avais envie de devenir kiné ou éducateur spécialisé, mais sans le bac, impossible, se souvient-il. Avec l’aide de la Mission locale qui me suivait depuis ma sortie du lycée, je suis allé voir ma mairie, à Salagnon, où un jeune venait de laisser son poste. »

Trouver sa place…

Recruté en Emploi d’Avenir en juin 2014, Victor est affecté aux espaces verts durant l’été. A la rentrée, la mairie crée les Temps d’animation péri-scolaires pour la quarantaine d’enfants de l’école primaire et lui propose de se lancer, aux côtés de deux autres agents. « J’ai connu le centre aéré dans mon enfance, mais je n’avais pas d’expérience d’animation concrète, je me suis donc senti un peu perdu au début », confie-t-il. Mais le courant passe entre les écoliers et le jeune homme, qui envisage sa situation avec une lucidité surprenante pour un néophyte : « J’ai 19 ans, et je craignais un peu que les enfants ne me prennent pour leur copain, je leur ai vite expliqué que ce n’était pas le cas et spontanément j’ai trouvé la bonne place. » Ni copain ni grand frère, Victor est cependant proche des enfants, qui se confient à lui, pour son plus grand plaisir : « Cette relation me plaît et confirme mon envie de travailler dans un secteur humain et social ».

… et sa voie

Victor a démarré la formation pour le CQP en janvier 2015, sur proposition de la mairie. Un diplôme pour lui qui n’en avait pas : il a tout-de-suite accepté. « J’avais envie de voir si je pourrais à nouveau me faire à l’école, analyse-t-il. Cela me plaît aujourd’hui, parce que j’ai mûri. » Sans oublier l’intérêt pour de nouvelles façons d’aborder sa mission : « Pour moi, l’animation consistait essentiellement à jouer avec les enfants ou à leur lire une histoire ; mais je découvre maintenant l’aspect pédagogique des activités : on ne les fait par pour rien, mais avec des objectifs. » Et le jeune homme de confier : « J’aimerais passer un diplôme d’Etat de moniteur-éducateur en alternance, et ensuite, suivre un cursus pour présenter le concours d’éducateur spécialisé. » Quand on lui fait remarquer que cela représente quatre à cinq ans d’études, il répond, motivé : « Je ne suis plus obligé d’aller à l’école, mais j’ai envie de continuer ». C’est tout ce qu’on lui souhaite.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

La première marche

Arrivé en fin de parcours de formation, Victor Dufat-Bonino peut le dire : cette expérience lui a remis le pied à l’étrier. Lui qui avait eu tant de mal avec l’école a repris goût au travail personnel : « Je n’ai plus peur de m’asseoir derrière un bureau », résume-t-il en souriant.

D’abord, parce qu’il a pu mesurer concrètement les bénéfices des cours, dans sa mission d’animateur péri-scolaire : « J’ai appris ce qu’on pouvait faire ou pas, pour être conforme à loi, explique-t-il. Mais j’ai aussi découvert comment régler les conflits entre enfants, et j’ai pu réagir correctement. Enfin, je trouve ça plus facile et plus intéressant de construire une activité en se fixant des objectifs. » Surtout, le CQP lui a redonné une motivation et une confiance jusque là un peu écornées. « Ça a été un déclic : je n’ai plus peur de me projeter dans l’avenir maintenant », confie-t-il.

Concours

L’avenir, pour Victor, suit la voie qu’il a choisie depuis un moment déjà. « Je veux toujours aller vers le social et devenir éducateur », confirme-t-il, plus décidé que jamais. Pour passer de l’animation péri-scolaire aux métiers qui l’intéressent, il sait qu’il va falloir fournir de nouveaux efforts. « Il y a deux ou trois ans de prépa avant de passer le concours de moniteur-éducateur, je suis motivé pour ça, quitte à travailler à mi-temps pour bien me préparer. » Avec l’aide de la Mission locale de Bourgoin-Jallieu, Victor se renseigne sur ce concours et la formation de préparation. Ensuite, si tout se passe comme il le souhaite, il ira vers l’alternance durant deux nouvelles années. Rien pour le rebuter, au contraire. « Le CQP, c’est mon premier diplôme, la première marche : après, il y en aura d’autres », assure-t-il. C’est ce qui s’appelle avoir retrouvé la confiance en soi.

Lynda Saoud

Dans le feu de l’action

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Lynda Saoud

Pour Lynda Saoud, tout a commencé sur des malentendus. Elle voulait être hôtesse d’accueil en aéroport, mais le bac pro Accueil formait à la vente et au commerce : elle a tout arrêté en fin de seconde. Inscrite à la Mission locale, elle finit par décrocher un stage d’Atsem dans une école maternelle de Fontaine. Un mois qui confirme son intérêt pour le travail avec les enfants, et qu’elle prolonge donc par le BAFA. Son brevet en poche, la jeune fille postule pour un stage pratique auprès de toutes les mairies de la région. « La Ville de Fontaine m’a contactée pour un entretien, raconte-t-elle tout sourire. Je croyais que c’était pour un stage, en fait c’était pour un Emploi d’Avenir de 3 ans. Et j’ai été recrutée parmi de nombreux candidats ! » Première mineure embauchée en Emploi d’Avenir dans le secteur, Lynda a les honneurs de la presse locale, et démarre en fanfare début janvier 2015 dans une école primaire de la commune.

Rude réalité

« Je me suis jetée dans le bain, et la première semaine a été très difficile, explique Lynda. Nous avons des enfants en difficulté, avec beaucoup d’insultes qui volent ! J’ai pensé qu’à 17 ans, j’étais trop jeune, mais ma responsable avait confiance en moi. » Au fil des jours, la jeune fille découvre son atout : sa faible différence d’âge avec les élèves l’aide à nouer le contact, à jouer avec eux tout en gardant sa place d’animatrice. « Je ne suis pas une enfant, je les reprends sur leur langage, je leur explique les choses, et ça se passe bien, dit-elle. En fait, ils ont besoin de beaucoup d’attention. » Culture de légumes au potager, création d’un épouvantail, préparation de gâteaux, rédaction d’un petit journal du périscolaire : Lynda ne ménage pas ses efforts auprès des élèves et n’échangerait pas son poste pour un empire.

Apprendre encore

Pour la formation CQP, Lynda a vécu un scénario similaire, avec trois premiers jours compliqués : le « retour à l’école » passait mal. Mais l’alternance de cours théoriques et d’interventions pratiques, la découverte de pans entiers de savoir-faire et de connaissances ont vite balayé les réticences « anti-scolaires ». « J’apprends énormément, se réjouit la jeune animatrice. Et j’essaie de mettre en pratique dans mes animations : je prépare mes fiches séances, je fais un bilan avec les enfants qui me permet de comprendre pourquoi quelque chose a cloché, et comment je peux corriger. » La greffe a pris, au point que Lynda espère désormais pouvoir suivre de nombreuses formations, envisageant un BPJEPS pour continuer dans la voie qui s’est ouverte à elle. Elle n’a que 17 ans et demi, après tout.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

De nouveaux horizons

Ce n’est pas parce qu’elle est devenue majeure durant les dernières semaines que Lynda Saoud se sent de plus en plus à l’aise dans sa mission, mais bien parce qu’elle se nourrit de sa formation au CQP avec avidité et enthousiasme. « Les six premiers mois sont passés très vite, résume-t-elle. J’apprécie l’alternance, qui permet de mettre en pratique rapidement ce qu’on apprend. » Par exemple, la préparation des séances, les bilans, les relations avec les parents… mais aussi de nouveaux jeux découverts auprès des collègues stagiaires.

Pourquoi pas moi ?

A la rentrée 2015, Lynda a changé d’école, toujours à Fontaine. « Il a fallu se réadapter au fonctionnement des collègues, connaître les enfants : c’est très différents et cela m’ouvre de nouveaux horizons. Les enfants sont très demandeurs et à l’écoute, j’ai une bonne complicité avec eux en raison de notre faible écart d’âge, mais j’explique bien ce que je fais, et pourquoi je punis. » Mais les petits, apprenant qu’elle passait les épreuves de son diplôme, ont encouragé leur animatrice avec chaleur. Quelle meilleure récompense ?

Loin de s’arrêter en chemin, la jeune animatrice se sent pousser des ailes. « Je veux avoir beaucoup de bagages, dit-elle franchement. J’ai arrêté l’école en Seconde, mais maintenant je veux me former le plus possible. » D’abord, passer le BPJEPS. Ensuite, devenir directrice d’un centre de loisirs. « Et puis je pense à créer mon propre centre de loisirs, confie Lynda. Je me suis dit : « pourquoi pas moi ? » Je veux montrer que c’est possible. » Et d’encourager ses amies à poursuivre leurs études, à ne pas renoncer à leurs projets, en montrant elle-même l’exemple. « Je vais tout faire pour réaliser mon rêve », assure-t-elle. Le chemin ne fait que commencer.

Delphine Ménier

Vive la formation !

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Delphine Ménier

Pour Delphine Ménier, 24 ans, pas de doute : la formation ouvre des portes. Elle en a fait l’expérience pour la première fois après ses débuts dans le secteur de la restauration – un CAP et plusieurs contrats saisonniers – qui ne l’ont pas convaincue. « Pour me réorienter, j’ai fait une Action d’orientation et de formation (AOF), qui permet de faire plusieurs stages, explique-t-elle. C’est ainsi que j’ai découvert que je préférais l’animation et la petite enfance. » Suivent quelques remplacements par-ci par-là : de quoi saper le moral au bout d’un moment. « Je me demandais si l’AOF m’avait servi à quelque chose, confie Delphine. Maintenant, je sais qu’elle m’a servi à découvrir un métier. On ne perd jamais son temps quand on apprend. »

L’éducation à part entière

En septembre 2013, la jeune femme repère l’offre d’emploi de la mairie du Touvet, pour un poste qui combine l’animation périscolaire et le portage de repas à domicile pour des personnes âgées. Elle passe l’entretien… et démarre le jour même. Un mois plus tard, elle signe un contrat d’Avenir, exclusivement consacré à l’animation périscolaire. « Ça se passe très bien, se réjouit-elle. La relation avec les enseignants est excellente, on essaie de travailler tous dans la même direction, dans le cadre du projet éducatif territorial. Il n’y a pas qu’à l’école qu’on apprend : même au centre de loisirs on fait de l’éducation – et d’ailleurs je trouve qu’en général ce n’est pas assez reconnu. » Elle, en tout cas, compte bien prendre part à cette noble mission.

Valorisation

« Quand on m’a demandé de suivre la formation CQP, je me suis dit qu’il fallait y aller : ce n’est pas tous les jours qu’on offre une formation aux jeunes, qui plus est une formation valorisante », rapporte Delphine. Réglementation, sécurité : l’animatrice découvre qu’en connaissant les textes, on peut aussi se simplifier la vie. Autre découverte : l’expérience des collègues. « J’ai réalisé à quel point mon poste était royal ! On a peu d’enfants, on est au calme, les contacts avec les partenaires sont simples : je n’ai pas à me plaindre. »

La jeune femme n’a pas tardé à mettre en pratique les enseignements du CQP : désormais elle se fixe des objectifs en lien avec son animation, réalise un bilan pour chaque séance, corrige si nécessaire, et n’hésite pas à solliciter ses collègues au besoin. « Je me réfère à mes cours quand j’ai un doute, cela donne confiance en soi », assure-t-elle. C’est même l’animatrice qui fait découvrir à son directeur le contenu et la pertinence de cette formation, « très professionnelle, mais pas assez connue », selon elle.

Plus tard, Delphine pourrait viser le BPJEPS, pour prendre plus de responsabilités. Elle l’assure à qui veut l’entendre : la formation, c’est vraiment bien.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

De mieux en mieux

 Elle persiste et signe. Après six mois de formation, Delphine Ménier est toujours aussi enthousiaste et avide d’apprendre. « Je n’ai plus le même regard sur mon travail, confie-t-elle. Avant, je voulais que les enfants soient contents, maintenant, je pense aux objectifs à atteindre, à ce qui doit leur rester en fin de séance. J’analyse plus la situation, grâce à la formation. » Un progrès dont elle constate les effets directement. « Les séances se passent beaucoup mieux car j’essaie de penser à tout : j’anime mieux ma présentation d’activité, j’intègre les remarques des enfants dans le bilan, et je crie moins ! »

Changement d’organisation

Il faut dire que le temps péri-scolaire, au Touvet, a été modifié à la rentrée 2015. De 45 minutes, il est passé à une heure trente, les mardis et vendredis. « On a tous donné notre avis pour la réforme menée par la commune et dès septembre l’organisation était plus adaptée, se réjouit Delphine. Le temps plus long me permet de bien préparer et de terminer l’activité et d’être moins stressée. Les enfants sont plus intéressés et motivés : c’est beaucoup mieux. »

Un élément supplémentaire pour souhaiter rester au Touvet en fin de contrat, à la fin de l’année scolaire. Delphine envisage de passer le BPJEPS Loisirs tous publics. « On m’a encouragée durant le CQP et cela m’intéresse car je pourrais remplacer le directeur pendant ses vacances, explique-t-elle. Je ne me verrais pas directrice toute l’année, je souhaite garder le contact avec les enfants, au moins dans un premier temps. » Delphine en discutera avec sa conseillère de la Mission locale, soutien précieux. « J’ai un suivi régulier avec elle, c’est important de l’avoir car elle me connaît bien, me renseigne, et me suit hors du travail, avec une distance qui est utile. » Savoir solliciter les bons appuis, et faire son miel des apports extérieurs : une autre des qualités de cette jeune animatrice en plein épanouissement.

Chloé Gigliotti

Une vocation pour le « social »

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Chloé Gigliotti

A 22 ans, Chloé Gigliotti n’est plus une débutante. Après un CAP d’assistante technique en milieu familial et collectif, en 2011, elle a travaillé comme aide à domicile chez des particuliers à Grenoble, avant de réussir le concours d’aide médico-psychologique. A 19 ans, elle est recrutée en maison de retraite, dans une unité de vie spécialisée pour malades d’Alzheimer. « Je crois que j’étais trop jeune, ce fut très dur psychologiquement, regrette la jeune fille. Il faut plus de maturité pour un tel poste, aujourd’hui ce serait sans doute plus facile. Je n’ai pas tenu : après deux mois, je suis partie. » Une expérience qui ne la décourage pas pour autant.

De poste en poste

Juste après son départ, Chloé trouve un poste d’animatrice à la mairie de Claix. Elle aime le contact avec les enfants, sait travailler en équipe, ne manque pas de volonté : l’intégration se fait immédiatement. « En trois jours, j’avais compris le fonctionnement », dit-elle. Elle serait volontiers restée, mais la Ville change d’équipe tous les 18 mois. Qu’à cela ne tienne, la voici retenue pour un poste similaire à Echirolles, mais à temps vraiment trop partiel. « C’est alors qu’on m’a parlé des contrats d’avenir, se souvient Chloé. La Mission locale m’a renseignée et m’a signalé un poste à Claix. » Aussitôt dit, aussitôt recrutée – via l’association Profession Sport 38. Chloé est enfin embauchée à temps complet pour 3 ans en septembre 2014. Elle est affectée à l’école Saint-Pierre et au centre de loisirs de la commune.

Cap vers l’avenir

« On peut toujours apprendre, même après trois ans d’expérience » : voilà comment Chloé à accueilli la proposition de son employeur pour le CQP. Avide d’approfondissement, la jeune animatrice absorbe tout avec appétit : « les conseils pour les activités manuelles, les rythmes et les besoins de l’enfant, les expériences scientifiques à mener en atelier : j’apprends beaucoup, et d’autant mieux qu’on est peu nombreux, qu’on peut poser toutes les questions aux intervenants. » Même si la perspective de rédiger un dossier de 15 pages dans le cadre du CQP l’intimide un peu, Chloé a déjà les yeux braqués vers la suite, c’est-à-dire vers un BPJEPS Animation sociale. « J’ai très envie d’évoluer, de connaître des publics différents, d’avoir un vrai travail fixe dans le temps, confie-t-elle. L’animation sociale permet de travailler avec des handicapés, des personnes âgées, des personnes en situation difficile : ça m’intéresse, le social, c’est moi ! »

Une vocation solidement ancrée chez cette bénévole de la Fédération française des sauveteurs secouristes. Elle qui rêvait, enfant, de devenir infirmière, se verrait idéalement animatrice dans une clinique pour malades mentaux. Elle a l’avenir devant elle.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

Approfondir l’animation

Chloé Gigliotti peut dire que sa première année en Emploi d’Avenir et le CQP ont fait évoluer ses perspectives. La découverte de l’animation, et les cours dispensés lors de sa formation lui ont ouvert de nouveaux horizons. « Mon projet a un peu évolué durant ces derniers mois, explique-t-elle. J’ai envie d’aller le plus loin possible dans l’animation, maintenant que j’ai passé les premières étapes du CQP. » Comme un déclic, une motivation nouvelle née aussi de la pratique du métier au quotidien.

Se sentir plus professionnelle

Si les diverses étapes du CQP sont exigeantes et demandent beaucoup de travail, Chloé apprécie particulièrement la solidarité au sein du groupe de stagiaires : un solide soutien pour les jours plus difficiles.

Pour son projet d’animation cette année, la jeune femme travaille autour des liens inter-générationnels, et se réjouit de pouvoir mettre en pratique les connaissances acquises en formation. « Même si, reconnaît-elle, on ne peut pas toujours tout appliquer, notamment quand on a les enfants qui partent à des horaires différents durant l’heure d’animation péri-scolaire, et des groupes qui changent, c’est difficile de réaliser un bilan de séance. » Elle se rattrape le mercredi après-midi, où la plage horaire plus stable lui permet de construire ses activités. « Dans l’ensemble, j’ai un regard plus professionnel sur mon activité, et je suis désormais reconnue comme animatrice par les parents et les enseignants », se félicite Chloé.

Dans cet élan, elle a donc décidé de revoir un peu son projet pour la suite. « Je vais m’orienter vers un BPJEPS Loisirs tous publics pour être reconnue encore plus avec un diplôme professionnel de niveau Bac, précise-t-elle. L’idée de diriger une équipe, d’avoir des responsabilités plus administratives me plaît, et je ne crains pas la formation plus longue pour obtenir le brevet. » Une belle assurance, doublée d’un sentiment de reconnaissance pour son employeur qui soutient sa démarche. « C’est une chance, dit Chloé. Alors même si je conserve mon rêve de me tourner un jour vers le métier d’infirmière, pour l’instant, j’approfondis mon métier. »