Marine A.

Un beau tremplin

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

Marine A

C’est d’abord l’histoire d’une désillusion. Gardoise d’origine, Marine a passé un BTS de Communication en 2011, qui n’a débouché sur aucun emploi pérenne. « Période de grand froid », dit-elle pudiquement pour décrire trois difficiles années de chômage, de petits boulots en CDD et de remise en question profonde. « Je me voyais chargée de com’, j’avais fait une mission dans un festival, créé des associations, mais sans rien de concret au bout », raconte-t-elle. Aussi, quand son compagnon est embauché à Saint-Pierre de Chartreuse, la jeune femme n’a guère de regret à changer de région.

Réfléchir et construire

A peine installée, Marine est embauchée en février 2015 par la mairie de Saint-Pierre en Emploi d’Avenir pour trois ans (elle réside en effet en « zone de revitalisation rurale », à Saint-Pierre d’Entremont). Elle occupe un poste double d’agent d’accueil à la mairie et d’animatrice à la cantine et pour le péri-scolaire. Et démarre la formation au CQP dans la foulée. « Je me suis dit que ça serait un appui pour ma pratique, note-t-elle. J’ai besoin d’outils pour organiser les activités car l’animation n’est pas mon secteur, et j’apprécie qu’on me donne des clés, des idées, des indications sur les comportements à tenir dans des situations particulières : il faut que je découvre tout en peu de temps ! » Rien pour affoler la jeune femme de 25 ans, dont les petites appréhensions se sont évaporées dès les premiers contacts avec les enfants et les collègues. Et son bagage lui permet d’envisager cette période de découverte avec recul : « Plongée dans le bain, j’essaie de dégager du temps pour réfléchir et commencer à faire mes propositions d’activité et de projets ».

Cap sur la pédagogie

Tout de suite, Marine s’est intéressée aux liens envisageables avec les enseignants de l’école. « Question de cohérence pédagogique », dit-elle. Avant d’ajouter : « Mais c’est à moi de faire la démarche pour savoir quels liens pourraient être noués, quitte à bousculer un peu les habitudes. » Dès qu’elle aura pris ses marques et monté son projet autour de l’environnement (son village est dans le Parc naturel de Chartreuse) dans le cadre du CQP, la jeune femme espère créer une relation plus approfondie.

Une démarche qui l’intéresse d’autant plus que ces premières semaines auprès des enfants ont été révélatrices : « J’ai l’impression que d’avoir mis les pieds à l’école a allumé une étincelle et réveillé une envie qui était là, confie Marine. Je réfléchis à devenir institutrice ! » L’Emploi d’Avenir en péri-scolaire et la formation pour le CQP sont pour elles un vrai tremplin pour faire décoller cette nouvelle vocation à l’épreuve de l’expérience.

 

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Passage à la pratique

Sa première année en Emploi d’Avenir, Marine la résume d’une formule : « j’ai vécu une vie totalement nouvelle ». Travail, formation, région : tout a changé pour la jeune femme, qui s’avoue un peu submergée par la vitesse des changements. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier son nouveau métier avec un enthousiasme grandissant. « Mon envie de travailler avec des enfants a été confirmée », se réjouit-elle.

Rassurée et détendue

Débutante dans l’animation, Marine s’est appuyée sur la formation au CQP pour trouver la confiance en elle, et la confirmation que ses intuitions étaient justes. « La formation m’a aidée à mettre mes idées en place : j’avais plein d’idées mais la méthode pour les appliquer. Au fil du temps, les liens se tissent avec les enfants et tout se passe bien. » Rassurée, Marine a pris de l’assurance : « J’ai réussi à mettre mes idées en pratique, et ma façon de travailler a évolué en quelques mois. Au début, je voulais tellement bien faire que je me mettais trop de pression sur le dos. Maintenant, ça va mieux, les enfants m’ont adoptée ! » Même satisfaction quant à la relation avec ses collègues et sa tutrice, qui ont félicité la jeune animatrice pour son projet autour de l’environnement. « J’ai organisé des séances de loisirs créatifs à partir d’objets recyclés, pour les petites sections et jusqu’au CM1. »

Toujours en double poste à la mairie – une mission variée et active qui lui convient bien, Marine espère dorénavant prendre toute sa place au sein de l’équipe, aux côtés des enseignants notamment, pour participer à la vie de l’école avec un esprit de cohésion. « Le CQP est essentiel pour ça, assure-t-elle. Il me légitime y compris aux yeux des parents : c’est la reconnaissance d’un savoir-faire. »

Pour la suite, la jeune femme se laisse le temps de la réflexion. Même si elle n’a pas mis de côté son projet de passer le concours d’institutrice, elle a « besoin de recul avant de faire le point ». Toujours réfléchie et consciencieuse, elle a encore deux années de Contrat d’Avenir pour se décider.

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Victor Dufat-Bonino

Retour gagnant à l’école

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

V. Bufat-Bonino

Pour Victor Dufat-Bonino, l’école a longtemps été un mauvais souvenir. Lycéen en seconde professionnelle à Bourgoin-Jallieu, il abandonne en cours de route, en 2013, et traverse une période confuse. Tente un CAP Cuisine, mais n’accroche pas, fait quelques stages qui lui donnent confiance dans le milieu professionnel, cherche des petits boulots alimentaires, se cherche aussi. « J’avais envie de devenir kiné ou éducateur spécialisé, mais sans le bac, impossible, se souvient-il. Avec l’aide de la Mission locale qui me suivait depuis ma sortie du lycée, je suis allé voir ma mairie, à Salagnon, où un jeune venait de laisser son poste. »

Trouver sa place…

Recruté en Emploi d’Avenir en juin 2014, Victor est affecté aux espaces verts durant l’été. A la rentrée, la mairie crée les Temps d’animation péri-scolaires pour la quarantaine d’enfants de l’école primaire et lui propose de se lancer, aux côtés de deux autres agents. « J’ai connu le centre aéré dans mon enfance, mais je n’avais pas d’expérience d’animation concrète, je me suis donc senti un peu perdu au début », confie-t-il. Mais le courant passe entre les écoliers et le jeune homme, qui envisage sa situation avec une lucidité surprenante pour un néophyte : « J’ai 19 ans, et je craignais un peu que les enfants ne me prennent pour leur copain, je leur ai vite expliqué que ce n’était pas le cas et spontanément j’ai trouvé la bonne place. » Ni copain ni grand frère, Victor est cependant proche des enfants, qui se confient à lui, pour son plus grand plaisir : « Cette relation me plaît et confirme mon envie de travailler dans un secteur humain et social ».

… et sa voie

Victor a démarré la formation pour le CQP en janvier 2015, sur proposition de la mairie. Un diplôme pour lui qui n’en avait pas : il a tout-de-suite accepté. « J’avais envie de voir si je pourrais à nouveau me faire à l’école, analyse-t-il. Cela me plaît aujourd’hui, parce que j’ai mûri. » Sans oublier l’intérêt pour de nouvelles façons d’aborder sa mission : « Pour moi, l’animation consistait essentiellement à jouer avec les enfants ou à leur lire une histoire ; mais je découvre maintenant l’aspect pédagogique des activités : on ne les fait par pour rien, mais avec des objectifs. » Et le jeune homme de confier : « J’aimerais passer un diplôme d’Etat de moniteur-éducateur en alternance, et ensuite, suivre un cursus pour présenter le concours d’éducateur spécialisé. » Quand on lui fait remarquer que cela représente quatre à cinq ans d’études, il répond, motivé : « Je ne suis plus obligé d’aller à l’école, mais j’ai envie de continuer ». C’est tout ce qu’on lui souhaite.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

La première marche

Arrivé en fin de parcours de formation, Victor Dufat-Bonino peut le dire : cette expérience lui a remis le pied à l’étrier. Lui qui avait eu tant de mal avec l’école a repris goût au travail personnel : « Je n’ai plus peur de m’asseoir derrière un bureau », résume-t-il en souriant.

D’abord, parce qu’il a pu mesurer concrètement les bénéfices des cours, dans sa mission d’animateur péri-scolaire : « J’ai appris ce qu’on pouvait faire ou pas, pour être conforme à loi, explique-t-il. Mais j’ai aussi découvert comment régler les conflits entre enfants, et j’ai pu réagir correctement. Enfin, je trouve ça plus facile et plus intéressant de construire une activité en se fixant des objectifs. » Surtout, le CQP lui a redonné une motivation et une confiance jusque là un peu écornées. « Ça a été un déclic : je n’ai plus peur de me projeter dans l’avenir maintenant », confie-t-il.

Concours

L’avenir, pour Victor, suit la voie qu’il a choisie depuis un moment déjà. « Je veux toujours aller vers le social et devenir éducateur », confirme-t-il, plus décidé que jamais. Pour passer de l’animation péri-scolaire aux métiers qui l’intéressent, il sait qu’il va falloir fournir de nouveaux efforts. « Il y a deux ou trois ans de prépa avant de passer le concours de moniteur-éducateur, je suis motivé pour ça, quitte à travailler à mi-temps pour bien me préparer. » Avec l’aide de la Mission locale de Bourgoin-Jallieu, Victor se renseigne sur ce concours et la formation de préparation. Ensuite, si tout se passe comme il le souhaite, il ira vers l’alternance durant deux nouvelles années. Rien pour le rebuter, au contraire. « Le CQP, c’est mon premier diplôme, la première marche : après, il y en aura d’autres », assure-t-il. C’est ce qui s’appelle avoir retrouvé la confiance en soi.

Christiane Bost

En route vers l’autonomie

Première rencontre en début de formation (automne 2014)

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Elle a la fraîcheur et l’enthousiasme des débutants. Christiane Bost, 19 ans, s’est jetée à l’eau quand la mairie de Dolomieu l’a embauchée comme employée polyvalente en Contrat d’Avenir, en septembre 2014. Accompagnement des enfants à l’école en bus le matin, gestion des inscriptions pour le péri-scolaire, cantine, aide aux Atsem en maternelle, animation des temps péri-scolaires avec les primaires : chaque moment de ses journées variées a été une découverte. « J’ai suivi les consignes et peu à peu je fais à ma façon : il ne faut pas avoir peur de se lancer, de se débrouiller et de s’adapter à toute situation », dit-elle posément.

Vocation confirmée

Bien qu’attirée par le travail avec les enfants, Christiane a d’abord passé un CAP Vente : « Je ne savais pas qu’on pouvait passer un CAP Petite enfance en alternance », explique-t-elle. Elle effectue des petits boulots en intérim et passe son permis, avant que la Mission locale ne l’oriente vers la mairie de Dolomieu. « Ce poste a confirmé mon goût pour ce travail, se réjouit-elle. Même si les enfants nous en font voir de toutes les couleurs, il y a toujours des solutions. J’essaie d’être ferme sans être trop sévère : ils savent qu’il y a des limites, que je ne suis pas leur copine. »

Gagner de l’assurance

Pour Christiane, la formation au CQP représente beaucoup. « Même si je peux toujours poser des questions à mes collègues, je garde une inquiétude quand j’ai la responsabilité d’un groupe, avoue-t-elle. J’espère que la formation va m’aider à aborder des situations délicates, et me donner des idées nouvelles pour les activités. Comme je n’ai pas d’expérience, je prends tout dans cette formation ! » Après quelques séances déjà, la jeune animatrice gagne en assurance : « Cette semaine j’ai eu un groupe seule pour la première fois, je sais que je ne l’aurais pas vécu de la même manière sans la formation. » Et comme elle ne manque ni d’idées, ni d’initiative, Christiane compte bien devenir plus autonome rapidement : « Je pourrai donner mon opinion à mes collègues sur les activités, alors que jusque là je n’osais pas. » Une évolution qu’elle partage avec sa tutrice, une animatrice expérimentée, dont le regard et les conseils comptent beaucoup pour elle. Devenir autonome, c’est plus facile avec un accompagnement.

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Deuxième rencontre en fin de formation (juillet 2015)

A toute allure

 « Je suis surprise que ça aille si vite ! » Christiane Bost n’en revient pas de sa première année dans son poste, de sa formation au CQP et de sa rapide évolution au sein de son équipe à Dolomieu. Il faut reconnaître que la jeune fille ne perd pas de temps. « Je suis la dernière arrivée mais on me confie déjà des responsabilités, se réjouit-elle. J’organise les temps d’animation péri-scolaire avec l’élu, ainsi que la répartition des enfants dans les groupes, ça se fait naturellement, c’est bien. »

Force de proposition

En réunion avec ses collègues, Christiane n’hésite pas à rappeler les normes ou à proposer des idées. « On m’écoute », s’étonne-t-elle presque. L’animation d’un groupe seule, qu’elle a expérimentée pour la première fois cette année, s’est passée à merveille. « J’appréhendais un peu, mais la formation m’a beaucoup aidée, assure-t-elle. Connaître les besoins des enfants : se dépenser, imaginer, apprendre à jouer en groupe, m’a permis d’avoir confiance en moi. » Mais ce qui rend Christiane particulièrement fière, c’est l’évolution de la vie du groupe. « Mon objectif était de développer l’entraide et la coopération entre les enfants, explique-t-elle. Grâce à la formation, j’ai pu amener une évolution au sein du groupe : même les collègues et les parents ont apprécié la diminution des chamailleries et des conflits, j’ai eu d’excellents retours. Ça fait plaisir ! »

Une réussite méritée, après des efforts conséquents : Christiane a consacré tous ses dimanches à travailler ses cours, et ne le regrette pas. « Grâce au CQP, je peux travailler aussi au centre aéré de la commune l’été, et je ne suis plus débutante, je peux aborder mes activités avec plus d’assurance. » Surtout, la mairie l’encourage à passer le BPJEPS pour remplacer la responsable de l’équipe en congé maternité. Une sacrée reconnaissance pour cette toute jeune animatrice ! « Ça me plairait, reconnaît-elle. Tout ce qui m’arrive est incroyable, c’est une réussite. » On ne saurait mieux dire.

Charlotte Foscallo

Sur tous les fronts

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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Pour Charlotte Foscallo, tout est allé très vite. Après un CAP Prêt à porter passé sans grand intérêt pour ce secteur, elle démarre un Bac pro Commerce, puis connaît l’expérience de la maternité à 19 ans. Ayant interrompu ses études, la jeune fille cherche du travail, en vain, pendant plusieurs années. Jusqu’à ce qu’elle apprenne, en juin 2014, qu’une école cherche quelqu’un en Contrat d’Avenir.

Trois communes

En fait, c’est le syndicat scolaire intercommunal, réunissant les communes de Cras, Morette, Chantesse, Vatilieu et Notre-Dame de l’Ozier, qui embauche Charlotte en septembre 2014. « J’ai l’expérience de mes deux enfants, et j’ai beaucoup appris au contact de mes collègues : il faut être bien organisée. » Et pour cause : la jeune femme intervient dans les écoles de trois villages, comme Atsem, pour assurer la cantine et le péri-scolaire et aussi en garderie. « Ça ne me dérange pas de passer d’une commune à l’autre, c’est varié, ça me plaît », assure-t-elle.

Courageuse, Charlotte mène de front sa vie de famille, son emploi du temps dans plusieurs établissements, et les cours par correspondance : « Je prépare le CAP Petite enfance, explique-t-elle. Je travaille le soir à la maison. »

 

Regard professionnel

Du travail supplémentaire avec la préparation au CQP ? Pas de problème, a dit Charlotte quand son employeur l’a orientée vers la session de formation : « Ça me donnera un diplôme supplémentaire, et ça m’apporte beaucoup pour mon travail. » Et d’expliquer, avec le recul d’une professionnelle aguerrie : « Dans ce métier, il faut savoir rebondir, s’adapter : rien ne se passe jamais comme prévu. On n’a ni l’école parfaite, ni les enfants parfaits, ni le budget parfait : à nous d’adapter sur le terrain les enseignements de la formation. » C’est ce qu’elle fait avec les différentes tranches d’âge dont elle s’occupe, en préparant un projet autour du tri et du recyclage des déchets, ou dans ses relations avec les enseignants. Appréciant la spontanéité des enfants « qui ne calculent pas », et abordant sa mission avec douceur et détermination. « J’espère obtenir mon CAP et mon CQP, puis être titularisée à mon poste actuel ou comme Atsem », confie-t-elle. Et pourquoi pas continuer plus loin, sur ce bel élan ?

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Des efforts récompensés

 Charlotte Foscallo le reconnaît volontiers : ce fut une année difficile. Ajouter une formation CQP à son emploi du temps de jeune maman intervenant dans plusieurs communes était un défi pour elle, qui se formait déjà par correspondance au CAP Petite enfance. « Il m’a fallu tout combiner en même temps, m’organiser pour travailler à la maison parfois jusqu’à une heure du matin ou plus, confie-t-elle. Cela a été long et pas tous les jours facile, mais intéressant. » Un temps, puis elle reprend : « Je se sens fière de l’avoir fait. On nous a donné une chance d’être formés, on s’est donné les moyens : il y a eu des moments de doute jusqu’au bout, mais quand on valide, on se dit qu’on était finalement capable. »

Un nouveau regard

Rassurée sur ses capacités, Charlotte est aussi satisfaite des apports concrets de la formation. « On a vraiment appris à monter un projet de A à Z, à évaluer notre travail, à amener les enfants à participer, explique-t-elle. Mon regard a changé sur le péri-scolaire, avant je le considérais plus comme de la garderie, je ne travaillais pas comme ça. » La jeune animatrice a mené à bien son projet autour du tri et de recyclage, réalisant avec les enfants de CP un drôle de bonhomme en matériaux de récupération.

Charlotte, qui a signé le renouvellement de son Contrat d’Avenir pour deux, envisage l’avenir avec un nouveau regard et des repères plus solides pour mener à bien sa mission. Elle continue à préparer son CAP, toujours aussi motivée pour passer le concours d’Atsem. « Si je l’obtiens, je pourrai être embauchée après mes deux années en Contrat d’Avenir, espère-t-elle. Pour moi, le métier d’Atsem permet d’être encore plus au contact des enfants et à leur écoute. Dans le cadre du péri-scolaire, on n’a que 45 minutes avec eux, et ce ne sont pas toujours les mêmes enfants, c’est frustrant. » Une vraie motivation anime Charlotte, et un courage inentamé lui permet d’avancer. Ce qu’elle résume en trois mots : « Il faut s’accrocher. »

Doriane Quattrociocchi

Le goût de l’enfance

Première rencontre, en début formation (automne 2014)

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Doriane Quattrociocchi l’assure tout de go : elle aime son travail. Embauchée en 2012 par la mairie de Vasselin pour assurer des missions de garderie et d’Atsem dans deux villages (Vasselin et Saint-Sorlin-de-Morestel), mais aussi pour encadrer la cantine et les temps d’animation péri-scolaires de l’école primaire de Vasselin, elle a eu le temps de voir confirmé son goût pour le travail avec les enfants. « Depuis petite, j’ai toujours aimé ça, mais j’avais été mal orientée », raconte-t-elle. Une histoire trop banale d’orientation mal ficelée.

Un long chemin

Originaire de Morestel, Doriane a passé un BEP Secrétariat dans la région lyonnaise, sans grande conviction. D’ailleurs, elle plaque en Terminale, avant le Bac pro. Suivent deux ou trois années d’intérim, durant lesquelles la jeune fille passe de l’usine (les jambons d’Aoste) aux commerces, sans toutefois renoncer à son envie de travailler auprès des petits. « Je voulais en finir avec l’usine, et j’ai donc préparé le CAP Petite enfance par correspondance, en même temps que mon travail », indique-t-elle. Son courage paie : Doriane obtient son CAP, quitte l’usine et file à la Mission locale de Morestel qui lui trouve des remplacements. Notamment sur un poste d’Atsem à l’école maternelle, qui la conforte dans son choix. Jusqu’à ce que la mairie la recrute pour trois ans sur son poste actuel.

Une titularisation espérée

En juillet 2015, le contrat de Doriane se termine. La jeune femme a donc saisi avec espoir la proposition de formation au CQP faite par la mairie. « J’aimerais être titularisée comme Atsem, et le CQP me donnera une chance supplémentaire », confie-t-elle. En attendant, elle découvre avec une curiosité intacte les divers aspects de la formation. « J’apprends plein de choses, je découvre la pédagogie avec des intervenants spécialisés, et je mets en pratique directement avec les enfants. C’est utile même pour la garderie des plus petits. »

Doriane monte avec les 8-10 ans un projet de théâtre de marionnettes qui sera présenté aux parents, et dont les enfants se réjouissent. « C’est la première fois que je réalise un tel projet, en échangeant avec ma collègue, j’y travaille le soir aussi, en révisant les cours : c’est très intéressant. » De quoi confirmer son goût pour l’enfance : « J’aime le contact avec les enfants, c’est un métier vivant, je ne m’ennuie jamais, et certains d’entre eux sont très attachants. » Tout est dit.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

En poste !

 La persévérance paie. A l’issue de son Contrat d’avenir, en juillet 2015, Doriane Quattrociocchi a été embauchée en CDI par la mairie de Vasselin. Un poste d’adjoint technique 2e classe a été créé afin qu’elle poursuive ses missions auprès des enfants. Une vraie victoire pour elle, après des débuts compliqués. Désormais, la jeune femme envisage la suite avec sérénité, et une confiance renforcée par sa formation.

Animatrice professionnelle

« J’ai beaucoup appris durant ces six mois de CQP, confie Doriane. Même si cela a parfois été lourd d’ajouter du travail à la maison, et stressant de passer des épreuves devant un jury. Il a fallu se remettre à travailler comme à l’école, mais je ne regrette pas : j’ai retrouvé le goût d’écrire, de réfléchir, et cela va me servir pour mon métier. »

Dans l’immédiat, les sessions de formation accompagnent sa pratique au quotidien : construire un projet cohérent en tissant les liens d’une séance à l’autre, prendre en compte les idées et les demandes des enfants, faire attention aux événements de la journée, calmer les conflits, informer les parents. Pour son projet de théâtre de marionnettes aussi, l’animatrice a puisé dans la formation. Les marionnettes ont été fabriquées, l’histoire écrite. Même si le déménagement de l’école a un peu retardé le projet, celui-ci prend bonne forme.

« Maintenant, je sais animer, ce que je ne faisais pas avant, résume Doriane. Par exemple, je peux commencer par lire une histoire et enchaîner avec une activité en rapport avec celle-ci. »

L’année prochaine, la jeune femme envisage de terminer son Bafa laissé en cours de route et de se former aux premiers secours. Après un remplacement de secrétaire en mairie durant l’été, elle retrouvera son poste avec enthousiasme. « Je me sens en position de proposer des actions, dit-elle. La formation me permet de réfléchir et d’avoir des idées. Ça va être différent : je vais mieux m’organiser, préparer mes séances, discuter avec les enfants. » La voilà lancée.

Erika Fink

Une vocation d’enfance

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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Deux heures de route : il faut à Erika Fink une belle motivation pour suivre la formation du Centre de gestion à Bourgoin-Jallieu. La jeune fille de 19 ans, qui vit en Ardèche, a été recrutée fin 2014 par la mairie de Vernioz en Isère, comme agent polyvalent et animatrice des temps péri-scolaires.

La motivation ne fait pas défaut à Erika, et elle lui vient même de loin : « J’ai toujours eu le goût de m’occuper des enfants, depuis toute petite, confie-t-elle. J’ai d’ailleurs commencé avec mon petit frère ! » En 2012, elle a donc passé son CAP Petite enfance, avec l’idée de devenir Atsem.

Plonger dans le bain

« Après mon CAP, se souvient Erika, on m’a expliqué que le domaine de la petite enfance offrait peu de postes, j’ai donc commencé une Mention complémentaire Aide à domicile pour être sûre de trouver du travail. » Mais la motivation est plus forte. La lycéenne abandonne les cours, sûre de sa voie. Trouve quelques travaux alimentaires, puis un remplacement qui va la marquer : « De mars à septembre 2014, j’ai été animatrice vie quotidienne en classe verte, et en centre de loisirs, à Pélussin dans la Loire : j’étais la seule animatrice pour deux classes à la fois, avec quelques enfants en difficulté ou handicapés. C’était ma première expérience ; j’ai demandé quelques conseils et je me suis lancée. »

Une immersion qui la ravit. « Découvrir des enfants de milieux différents, leur enseigner des règles de vie, leur apprendre à devenir plus autonomes : cela m’a plu de sentir que je leur apportais quelque chose, et que leur retour était positif. » Une vraie vocation.

Saisir sa chance

A la mairie de Vernioz, Erika intervient pour le ménage et la cantine en plus des temps d’animation péri-scolaires. Quand son employeur lui propose le CQP, elle n’hésite pas une seconde : « C’est un diplôme supérieur au BAFA, qui donne une plus grande ouverture, assure-t-elle. Même si je dois venir de loin, je ne pouvais pas rater cette occasion de me former. C’est une chance qu’on me l’ait proposée ! La formatrice nous pousse vraiment et nous aide à définir précisément nos objectifs : je découvre pas mal d’aspects que j’ignorais. »

Pour son projet de formation, Erika travaille avec un groupe d’enfants de son village sur une histoire racontée via un kamishibai – un théâtre de papier japonais. « Nous sommes préparés grâce à la formation, dit-elle. Je suis confiante. »

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Continuer sur la lancée

Pour Erika Fink, l’année qui vient de s’écouler a confirmé l’envie de travailler avec les enfants. Outre sa mission d’animation péri-scolaire, la mairie lui a confié un remplacement d’Atsem. Un surplus de travail non négligeable, surtout pour la jeune femme qui habite loin de son lieu de travail, mais qu’elle a apprécié : « Cette expérience confirme mon envie de devenir Atsem, même si j’aime aussi l’animation : en fait, tout me plaît du moment que j’apporte quelque chose aux enfants, c’est cela qui compte. »

Complément au CAP

Erika a profité de la formation au CQP pour enrichir ses connaissances acquises lorsqu’elle avait passé le CAP Petite enfance. « Cela m’a apporté des rappels utiles sur l’imagination, la créativité, l’autonomie des enfants », souligne-t-elle. Plus encore, les cours ont aussi été un soutien et une motivation lorsque l’animatrice se sentait fatiguée ou confrontée à des obstacles dans la réalisation de son projet autour du kamishibaï. « Il a fallu tout recommencer au début quand les grandes sections ont rejoint le groupe, heureusement la formatrice m’a donné des solutions et ma tutrice m’a poussée. » Un soutien bienvenu tout au long d’une année intense. Et Erika de souligner l’importance à ses yeux de la dynamique au sein groupe de jeunes animateurs en formation, « soudés et motivés », autre précieux appui.

« On a parfois des frustrations, quand des enfants choisissent de partir vers une autre activité alors qu’on est investis dans un projet cohérent de A à Z, précise Erika. La réalité de terrain est plus compliquée que la théorie, il faut savoir s’adapter, être souple pour rebondir, se dire que l’essentiel n’est pas le résultat mais le plaisir de l’enfant. »

Erika tire un bilan positif de cette année de formation. « J’ai appris à mieux informer les parents, à organiser mes temps d’animation, maintenant je réfléchis à de nouvelles idées de projets, à mener en équipe. » Et la jeune femme a décidé de poursuivre dans l’élan de la formation : « Je voudrais me former en Français pour améliorer mon écrit, et peut-être suivre d’autres formations par la suite, en accord avec les élus. » Pleine de confiance, Erika peut regarder l’avenir avec sérénité.

Tiffany Delphin

Une tranquille assurance

Première rencontre, en début de formation (automne 2014)

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 Depuis toujours, Tiffany Delphin a envie d’aider les autres. Sa première idée est de devenir monitrice-éducatrice pour sourds et muets ou pour jeunes délinquants. Elle aime les enfants, aussi, et passe son Bafa à 17 ans pour travailler pendant les vacances au centre aéré de son enfance aux Echelles (Savoie). En 2009, elle passe, sans succès, un BEP Carrières sanitaires et sociales.

Saisir l’occasion

« Puis j’ai eu ma fille et je n’ai pas travaillé durant trois années, explique Tiffany. Après cette pause, j’ai enchaîné les petits boulots et beaucoup cherché avant de trouver un emploi d’insertion en ressourcerie, en 2014. » C’est dans ce cadre, avec l’aide d’un chargé d’insertion, que la jeune femme conçoit son projet : devenir Atsem et/ou auxiliaire-puéricultrice en crèche. En quête d’un Emploi d’Avenir à la Maison de l’emploi, elle tombe sur l’offre de la mairie de Pommiers-la-Placette en décembre 2014 : un poste d’animatrice péri-scolaire et d’animation à la MJC de Voreppe pendant les vacances. L’occasion est trop belle : Tiffany est recrutée par le Centre de gestion en Contrat d’Avenir d’un an renouvelable deux fois, et démarre le 1er janvier 2015.

« Le péri-scolaire est très différent de l’animation durant les vacances, constate-t-elle. Le temps est plus court, plus rapide et plus rythmé, et on n’a pas tous les enfants tout le temps : cela nécessite plus de souplesse. »

Se former pour approfondir

A 24 ans, Tiffany garde le cap sur son projet, et profite de son expérience d’animatrice péri-scolaire pour explorer de nouvelles approches et élargir ses connaissances. « La formation au CQP aborde les choses de façon plus complexe que le Bafa, souligne-t-elle. On rentre plus dans les détails, ce qui me permet d’approfondir ce que je connaissais. Le CQP est aussi plus orienté vers l’école, notamment sur la réglementation. » En dépit des semaines bien chargées, Tiffany prend le temps de préparer à la maison ses animations, son projet et ses cours. Avec la même motivation : « Le CQP m’aidera peut-être à devenir Atsem sans passer le concours, mais surtout il m’apporte des connaissances utiles pour passer le CAP Petite enfance. » Un CAP que la jeune femme est prête à passer par correspondance en poursuivant sa mission en Contrat d’Avenir. « Je sais que je n’ai pas terminé, mais je sais ce que je veux », dit-elle avec une tranquille assurance.

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Deuxième rencontre, en fin de formation (juillet 2015)

Progresser pas à pas

Tiffany Delphin se souviendra de cette première année en Emploi d’Avenir. Entre sa mission à Pommiers-la-Placette et à Voreppe, sa vie de famille et la formation pour le CQP, elle avoue pudiquement que les semaines furent « bien chargées ». La jeune femme ne compte pas les nuits où elle a travaillé jusqu’à trois heures du matin pour terminer ses dossiers et préparer ses cours. Un investissement lourd, mais dont elle se félicite : « La formation m’a servi dans mon métier, en approfondissant les bases que j’avais, explique-t-elle. Contrairement au centre aéré, l’animation péri-scolaire permet de construire un projet sur toute l’année, avec un suivi entre les séances : c’est plus intéressant et les enfants savent où on en est, c’est tout-à-fait différent. »

Reconnaissance

Obtenir un diplôme comme le CQP n’est pas anodin pour Tiffany. « Cela change le regard des élus, souligne-t-elle. Mon tuteur administratif m’a dit qu’il constatait la différence entre ma façon de travailler et celle des titulaires du Bafa. » Une vraie reconnaissance pour l’animatrice, qui envisage sa mission différemment. « Pour la rentrée, je pourrai monter mon projet dès le début de l’année. Je voudrais réaliser un journal du péri-scolaire avec les enfants à partir du CP. On pourrait sortir un numéro à chaque période de vacances. » Grâce à sa formation, Tiffany ne se lance pas au hasard : elle réfléchit à la manière de monter ce projet, d’organiser les séances, et surtout, de présenter l’idée aux enfants.

A moyen terme, Tiffany garde les yeux sur son objectif : le CAP Petite enfance. « Je n’ai pas été dégoûtée par les nuits de travail ! », plaisante-t-elle. Son courage et sa motivation lui permettent d’aborder sereinement la perspetive de deux ans de formation par correspondance, en plus de son poste. « J’ai toujours envie d’être Atsem, dit-elle. Le métier permet d’être plus en contact avec les enfants, toute la journée, et l’animation me servira pour être Atsem. C’est un beau métier. » Une conviction intacte.