Amina Chalal

Donner du sens à sa pratique

 Rencontre en cours de formation (octobre 2015)

Amina Chalal 

Pour Amina Chalal, l’orientation n’a pas été une réussite. Depuis toujours motivée par le travail auprès des enfants, elle a été guidée vers un BEP Carrières sociales et sanitaires pas vraiment adapté à ses souhaits. « Le cursus portait plus sur les personnes âgées, ça ne me correspondait pas, se souvient-elle. J’ai donc arrêté avant la fin du BEP, j’avais 17 ans. J’ai passé le Bafa. » La directrice du centre de loisirs de sa commune, Pont-de-Claix, lui propose de remplacer une animatrice à l’essai, les mercredis et vacances. « Ça s’est très bien passé, et on m’a donné de plus en plus de responsabilités », raconte Amina, qui signe en 2012 un contrat d’insertion à mi-temps.

Première marche

Après trois années, en février 2015, le Centre de gestion de l’Isère propose à la jeune femme un Contrat d’avenir de trois ans. Son poste, sur la commune voisine de Champagnier, comprend à la fois les temps péri-scolaires le mardi et le vendredi, la pause méridienne, le suivi administratif de la cantine en mairie, de l’entretien et la sécurité des abords de l’école le matin. « Ici, je suis plus en milieu rural, c’es très différent, note Amina. C’est une autre façon de travailler, des activités différentes : par exemple on ne fait pas de slam ! » D’abord un peu impressionnée par ce nouveau cadre, l’animatrice prend ses marques peu à peu et se voit chargée de nouvelles responsabilités, comme la coordination de la cantine. Et la formation au CQP lui ouvre des perspectives. « J’appréhendais un peu au début, mais finalement c’est super, confie-t-elle. Le domaine me passionne et j’adore apprendre de nouvelles choses sur les besoins de l’enfant, ou la pédagogie. Je sais pourquoi je fais les choses, cela donne du sens à ma pratique. »

Dans la foulée, Amina espère enchaîner avec le BPJEPS. Une suite logique, pour elle, afin d’approfondir la formation et d’obtenir un diplôme supplémentaire. « C’est important pour être reconnue et fière de soi », dit-elle. Car son objectif serait de devenir éductrice spécialisée. Consciente du chemin à parcourir, elle l’envisage avec sérénité : « Il faudra reprendre des études, mais cela me motive, car j’ai envie d’intégrer une dimension d’aide à mon métier. » La première marche est bientôt franchie : un bon début.

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Lynda Saoud

Dans le feu de l’action

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Lynda Saoud

Pour Lynda Saoud, tout a commencé sur des malentendus. Elle voulait être hôtesse d’accueil en aéroport, mais le bac pro Accueil formait à la vente et au commerce : elle a tout arrêté en fin de seconde. Inscrite à la Mission locale, elle finit par décrocher un stage d’Atsem dans une école maternelle de Fontaine. Un mois qui confirme son intérêt pour le travail avec les enfants, et qu’elle prolonge donc par le BAFA. Son brevet en poche, la jeune fille postule pour un stage pratique auprès de toutes les mairies de la région. « La Ville de Fontaine m’a contactée pour un entretien, raconte-t-elle tout sourire. Je croyais que c’était pour un stage, en fait c’était pour un Emploi d’Avenir de 3 ans. Et j’ai été recrutée parmi de nombreux candidats ! » Première mineure embauchée en Emploi d’Avenir dans le secteur, Lynda a les honneurs de la presse locale, et démarre en fanfare début janvier 2015 dans une école primaire de la commune.

Rude réalité

« Je me suis jetée dans le bain, et la première semaine a été très difficile, explique Lynda. Nous avons des enfants en difficulté, avec beaucoup d’insultes qui volent ! J’ai pensé qu’à 17 ans, j’étais trop jeune, mais ma responsable avait confiance en moi. » Au fil des jours, la jeune fille découvre son atout : sa faible différence d’âge avec les élèves l’aide à nouer le contact, à jouer avec eux tout en gardant sa place d’animatrice. « Je ne suis pas une enfant, je les reprends sur leur langage, je leur explique les choses, et ça se passe bien, dit-elle. En fait, ils ont besoin de beaucoup d’attention. » Culture de légumes au potager, création d’un épouvantail, préparation de gâteaux, rédaction d’un petit journal du périscolaire : Lynda ne ménage pas ses efforts auprès des élèves et n’échangerait pas son poste pour un empire.

Apprendre encore

Pour la formation CQP, Lynda a vécu un scénario similaire, avec trois premiers jours compliqués : le « retour à l’école » passait mal. Mais l’alternance de cours théoriques et d’interventions pratiques, la découverte de pans entiers de savoir-faire et de connaissances ont vite balayé les réticences « anti-scolaires ». « J’apprends énormément, se réjouit la jeune animatrice. Et j’essaie de mettre en pratique dans mes animations : je prépare mes fiches séances, je fais un bilan avec les enfants qui me permet de comprendre pourquoi quelque chose a cloché, et comment je peux corriger. » La greffe a pris, au point que Lynda espère désormais pouvoir suivre de nombreuses formations, envisageant un BPJEPS pour continuer dans la voie qui s’est ouverte à elle. Elle n’a que 17 ans et demi, après tout.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

De nouveaux horizons

Ce n’est pas parce qu’elle est devenue majeure durant les dernières semaines que Lynda Saoud se sent de plus en plus à l’aise dans sa mission, mais bien parce qu’elle se nourrit de sa formation au CQP avec avidité et enthousiasme. « Les six premiers mois sont passés très vite, résume-t-elle. J’apprécie l’alternance, qui permet de mettre en pratique rapidement ce qu’on apprend. » Par exemple, la préparation des séances, les bilans, les relations avec les parents… mais aussi de nouveaux jeux découverts auprès des collègues stagiaires.

Pourquoi pas moi ?

A la rentrée 2015, Lynda a changé d’école, toujours à Fontaine. « Il a fallu se réadapter au fonctionnement des collègues, connaître les enfants : c’est très différents et cela m’ouvre de nouveaux horizons. Les enfants sont très demandeurs et à l’écoute, j’ai une bonne complicité avec eux en raison de notre faible écart d’âge, mais j’explique bien ce que je fais, et pourquoi je punis. » Mais les petits, apprenant qu’elle passait les épreuves de son diplôme, ont encouragé leur animatrice avec chaleur. Quelle meilleure récompense ?

Loin de s’arrêter en chemin, la jeune animatrice se sent pousser des ailes. « Je veux avoir beaucoup de bagages, dit-elle franchement. J’ai arrêté l’école en Seconde, mais maintenant je veux me former le plus possible. » D’abord, passer le BPJEPS. Ensuite, devenir directrice d’un centre de loisirs. « Et puis je pense à créer mon propre centre de loisirs, confie Lynda. Je me suis dit : « pourquoi pas moi ? » Je veux montrer que c’est possible. » Et d’encourager ses amies à poursuivre leurs études, à ne pas renoncer à leurs projets, en montrant elle-même l’exemple. « Je vais tout faire pour réaliser mon rêve », assure-t-elle. Le chemin ne fait que commencer.

Delphine Ménier

Vive la formation !

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Delphine Ménier

Pour Delphine Ménier, 24 ans, pas de doute : la formation ouvre des portes. Elle en a fait l’expérience pour la première fois après ses débuts dans le secteur de la restauration – un CAP et plusieurs contrats saisonniers – qui ne l’ont pas convaincue. « Pour me réorienter, j’ai fait une Action d’orientation et de formation (AOF), qui permet de faire plusieurs stages, explique-t-elle. C’est ainsi que j’ai découvert que je préférais l’animation et la petite enfance. » Suivent quelques remplacements par-ci par-là : de quoi saper le moral au bout d’un moment. « Je me demandais si l’AOF m’avait servi à quelque chose, confie Delphine. Maintenant, je sais qu’elle m’a servi à découvrir un métier. On ne perd jamais son temps quand on apprend. »

L’éducation à part entière

En septembre 2013, la jeune femme repère l’offre d’emploi de la mairie du Touvet, pour un poste qui combine l’animation périscolaire et le portage de repas à domicile pour des personnes âgées. Elle passe l’entretien… et démarre le jour même. Un mois plus tard, elle signe un contrat d’Avenir, exclusivement consacré à l’animation périscolaire. « Ça se passe très bien, se réjouit-elle. La relation avec les enseignants est excellente, on essaie de travailler tous dans la même direction, dans le cadre du projet éducatif territorial. Il n’y a pas qu’à l’école qu’on apprend : même au centre de loisirs on fait de l’éducation – et d’ailleurs je trouve qu’en général ce n’est pas assez reconnu. » Elle, en tout cas, compte bien prendre part à cette noble mission.

Valorisation

« Quand on m’a demandé de suivre la formation CQP, je me suis dit qu’il fallait y aller : ce n’est pas tous les jours qu’on offre une formation aux jeunes, qui plus est une formation valorisante », rapporte Delphine. Réglementation, sécurité : l’animatrice découvre qu’en connaissant les textes, on peut aussi se simplifier la vie. Autre découverte : l’expérience des collègues. « J’ai réalisé à quel point mon poste était royal ! On a peu d’enfants, on est au calme, les contacts avec les partenaires sont simples : je n’ai pas à me plaindre. »

La jeune femme n’a pas tardé à mettre en pratique les enseignements du CQP : désormais elle se fixe des objectifs en lien avec son animation, réalise un bilan pour chaque séance, corrige si nécessaire, et n’hésite pas à solliciter ses collègues au besoin. « Je me réfère à mes cours quand j’ai un doute, cela donne confiance en soi », assure-t-elle. C’est même l’animatrice qui fait découvrir à son directeur le contenu et la pertinence de cette formation, « très professionnelle, mais pas assez connue », selon elle.

Plus tard, Delphine pourrait viser le BPJEPS, pour prendre plus de responsabilités. Elle l’assure à qui veut l’entendre : la formation, c’est vraiment bien.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

De mieux en mieux

 Elle persiste et signe. Après six mois de formation, Delphine Ménier est toujours aussi enthousiaste et avide d’apprendre. « Je n’ai plus le même regard sur mon travail, confie-t-elle. Avant, je voulais que les enfants soient contents, maintenant, je pense aux objectifs à atteindre, à ce qui doit leur rester en fin de séance. J’analyse plus la situation, grâce à la formation. » Un progrès dont elle constate les effets directement. « Les séances se passent beaucoup mieux car j’essaie de penser à tout : j’anime mieux ma présentation d’activité, j’intègre les remarques des enfants dans le bilan, et je crie moins ! »

Changement d’organisation

Il faut dire que le temps péri-scolaire, au Touvet, a été modifié à la rentrée 2015. De 45 minutes, il est passé à une heure trente, les mardis et vendredis. « On a tous donné notre avis pour la réforme menée par la commune et dès septembre l’organisation était plus adaptée, se réjouit Delphine. Le temps plus long me permet de bien préparer et de terminer l’activité et d’être moins stressée. Les enfants sont plus intéressés et motivés : c’est beaucoup mieux. »

Un élément supplémentaire pour souhaiter rester au Touvet en fin de contrat, à la fin de l’année scolaire. Delphine envisage de passer le BPJEPS Loisirs tous publics. « On m’a encouragée durant le CQP et cela m’intéresse car je pourrais remplacer le directeur pendant ses vacances, explique-t-elle. Je ne me verrais pas directrice toute l’année, je souhaite garder le contact avec les enfants, au moins dans un premier temps. » Delphine en discutera avec sa conseillère de la Mission locale, soutien précieux. « J’ai un suivi régulier avec elle, c’est important de l’avoir car elle me connaît bien, me renseigne, et me suit hors du travail, avec une distance qui est utile. » Savoir solliciter les bons appuis, et faire son miel des apports extérieurs : une autre des qualités de cette jeune animatrice en plein épanouissement.

Chloé Gigliotti

Une vocation pour le « social »

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Chloé Gigliotti

A 22 ans, Chloé Gigliotti n’est plus une débutante. Après un CAP d’assistante technique en milieu familial et collectif, en 2011, elle a travaillé comme aide à domicile chez des particuliers à Grenoble, avant de réussir le concours d’aide médico-psychologique. A 19 ans, elle est recrutée en maison de retraite, dans une unité de vie spécialisée pour malades d’Alzheimer. « Je crois que j’étais trop jeune, ce fut très dur psychologiquement, regrette la jeune fille. Il faut plus de maturité pour un tel poste, aujourd’hui ce serait sans doute plus facile. Je n’ai pas tenu : après deux mois, je suis partie. » Une expérience qui ne la décourage pas pour autant.

De poste en poste

Juste après son départ, Chloé trouve un poste d’animatrice à la mairie de Claix. Elle aime le contact avec les enfants, sait travailler en équipe, ne manque pas de volonté : l’intégration se fait immédiatement. « En trois jours, j’avais compris le fonctionnement », dit-elle. Elle serait volontiers restée, mais la Ville change d’équipe tous les 18 mois. Qu’à cela ne tienne, la voici retenue pour un poste similaire à Echirolles, mais à temps vraiment trop partiel. « C’est alors qu’on m’a parlé des contrats d’avenir, se souvient Chloé. La Mission locale m’a renseignée et m’a signalé un poste à Claix. » Aussitôt dit, aussitôt recrutée – via l’association Profession Sport 38. Chloé est enfin embauchée à temps complet pour 3 ans en septembre 2014. Elle est affectée à l’école Saint-Pierre et au centre de loisirs de la commune.

Cap vers l’avenir

« On peut toujours apprendre, même après trois ans d’expérience » : voilà comment Chloé à accueilli la proposition de son employeur pour le CQP. Avide d’approfondissement, la jeune animatrice absorbe tout avec appétit : « les conseils pour les activités manuelles, les rythmes et les besoins de l’enfant, les expériences scientifiques à mener en atelier : j’apprends beaucoup, et d’autant mieux qu’on est peu nombreux, qu’on peut poser toutes les questions aux intervenants. » Même si la perspective de rédiger un dossier de 15 pages dans le cadre du CQP l’intimide un peu, Chloé a déjà les yeux braqués vers la suite, c’est-à-dire vers un BPJEPS Animation sociale. « J’ai très envie d’évoluer, de connaître des publics différents, d’avoir un vrai travail fixe dans le temps, confie-t-elle. L’animation sociale permet de travailler avec des handicapés, des personnes âgées, des personnes en situation difficile : ça m’intéresse, le social, c’est moi ! »

Une vocation solidement ancrée chez cette bénévole de la Fédération française des sauveteurs secouristes. Elle qui rêvait, enfant, de devenir infirmière, se verrait idéalement animatrice dans une clinique pour malades mentaux. Elle a l’avenir devant elle.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

Approfondir l’animation

Chloé Gigliotti peut dire que sa première année en Emploi d’Avenir et le CQP ont fait évoluer ses perspectives. La découverte de l’animation, et les cours dispensés lors de sa formation lui ont ouvert de nouveaux horizons. « Mon projet a un peu évolué durant ces derniers mois, explique-t-elle. J’ai envie d’aller le plus loin possible dans l’animation, maintenant que j’ai passé les premières étapes du CQP. » Comme un déclic, une motivation nouvelle née aussi de la pratique du métier au quotidien.

Se sentir plus professionnelle

Si les diverses étapes du CQP sont exigeantes et demandent beaucoup de travail, Chloé apprécie particulièrement la solidarité au sein du groupe de stagiaires : un solide soutien pour les jours plus difficiles.

Pour son projet d’animation cette année, la jeune femme travaille autour des liens inter-générationnels, et se réjouit de pouvoir mettre en pratique les connaissances acquises en formation. « Même si, reconnaît-elle, on ne peut pas toujours tout appliquer, notamment quand on a les enfants qui partent à des horaires différents durant l’heure d’animation péri-scolaire, et des groupes qui changent, c’est difficile de réaliser un bilan de séance. » Elle se rattrape le mercredi après-midi, où la plage horaire plus stable lui permet de construire ses activités. « Dans l’ensemble, j’ai un regard plus professionnel sur mon activité, et je suis désormais reconnue comme animatrice par les parents et les enseignants », se félicite Chloé.

Dans cet élan, elle a donc décidé de revoir un peu son projet pour la suite. « Je vais m’orienter vers un BPJEPS Loisirs tous publics pour être reconnue encore plus avec un diplôme professionnel de niveau Bac, précise-t-elle. L’idée de diriger une équipe, d’avoir des responsabilités plus administratives me plaît, et je ne crains pas la formation plus longue pour obtenir le brevet. » Une belle assurance, doublée d’un sentiment de reconnaissance pour son employeur qui soutient sa démarche. « C’est une chance, dit Chloé. Alors même si je conserve mon rêve de me tourner un jour vers le métier d’infirmière, pour l’instant, j’approfondis mon métier. »

Axel Demaria

De la mécanique à l’animation

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

 Axel Demaria

Toutes les voies mènent à l’animation… pour peu qu’on fasse les bonnes rencontres. C’est ce qui est arrivé à Axel Demaria à l’âge de 20 ans. « J’avais passé un CAP de mécanique automobile, mais après quelques mois j’en avais assez, explique le jeune Grenoblois. Quand la mairie de La Tronche m’a proposé d’assurer un temps d’animation entre midi et deux et le soir dans une école maternelle, je me suis lancé. » C’était en 2012 et depuis, Axel a adopté son nouveau métier avec enthousiasme.

Mieux que le BAFA

Épaulé par les Atsem de l’école, qui le mettent en confiance, Axel découvre l’animation et y prend goût. Il entame un BAFA qu’il ne finira pas. « J’ai passé la première partie et le stage, mais ensuite on m’a proposé la formation CQP, qui est plus approfondie que le BAFA, j’en ai donc fait ma priorité. » Preuve que ce nouveau métier va comme un gant à l’ancien mécano, les Francas l’ont embauché en avril 2015 en Emploi d’Avenir, et mis à la disposition de la mairie de La Tronche. « Mon poste n’a pas changé, mais mon statut, si ! », se félicite Axel, qui apprécie son contrat de 35 heures et la formation qui lui est offerte. Le voici donc à temps complet, réparti entre les pauses méridiennes et du soir, les temps d’animation périscolaire, la garderie et le centre de loisirs du mercredi.

Partage d’expériences

Si Axel ne se projette encore pas dans l’avenir, c’est qu’il veut profiter au maximum de cette année de formation inespérée. « Ça fait du bien de se remettre dans le bain, de travailler l’écrit comme l’oral, même les préparations à la maison ne me pèsent pas », confie-t-il. Après ses premières années sur le tas, le jeune animateur apprécie l’apport théorique sur la réglementation – « c’est rassurant de savoir ce qu’on peut faire ou pas, et de le savoir par soi-même, sans avoir à demander à la directrice », tout comme l’échange avec ses collègues en formation avec lui : « On est divers, on fonctionne tous différemment, et on partage nos connaissances et nos expériences, cela permet de découvrir d’autres approches, d’autres activités. » Curieux de tout, motivé pour poursuivre dans cette voie qu’il n’avait pas envisagée, Axel se forge peu à peu un bagage fait de pratique et de ce qu’il nomme « la boîte à outils » fournie par le CQP. « C’est un tremplin, ça nous ouvre des portes », résume-t-il. Il ne reste qu’à les franchir.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

Un échelon franchi

Après six mois de formation, Axel Demaria n’en finit pas de se réjouir de ses découvertes. « Les cours m’apportent une autre vision du métier et répondent à mes attentes : ils me permettent de mieux analyser mon travail, de vérifier si mes idées fonctionnent, de m’améliorer et de me remettre en question, explique-t-il. On ne se contente pas d’être animateur, on réfléchit et c’est satisfaisant. » Un plaidoyer sincère pour cet authentique curieux de tout.

Mieux outillé

Axel le constate lui-même : sa pratique a évolué au fil des mois. « Je m’informe de ce que font les autres, je cherche des informations, je vérifie les normes, précise-t-il. Etant mieux formé, je suis plus sollicité par mes responsables aussi, je peux plus participer et donner mon avis. » Bref, résume l’ancien mécanicien : « Je suis mieux outillé ». Attentif au rythme des enfants, l’animateur a pris l’habitude de réaliser un bilan de chaque séance, en prenant le temps de parler avec chacun. « Les enfants apprécient ce moment, qui aide à faire revenir le calme, et où ils peuvent donner des idées », constate Axel, qui travaille sur un projet autour des libertés et des différences.

Si le jeune homme prend son temps pour envisager l’avenir, il commence cependant à réfléchir à la possibilité de passer le BPJEPS. « Un collègue qui est en formation pour le passer m’en parle et ça me donne envie, confie-t-il. Et le CQP m’a redonné confiance, c’est tentant d’en apprendre plus. » Pour Axel, un échelon a été franchi cette année. Ce n’est que le premier.

Agnès Bruneau

Une belle volonté

Rencontre en début de formation (mai 2015)

Agnès Bruneau a connu des débuts contrariés, et doit son parcours à une volonté solide. Cette jeune femme de 22 ans souhaitait travailler avec les enfants, mais dans sa région, le CAP Petite enfance ne pouvait s’obtenir que dans le privé. Par défaut, et à regret, elle a donc passé un CAP d’aide à domicile pour personnes âgées et handicapées. Les premiers remplacements effectués en maison de retraite confirment : ce n’est pas la voie qu’Agnès voulait suivre. « J’ai donc fait une Action d’orientation et de formation (AOF), et dans ce cadre, j’ai effectué des stages en animation à la Fraternelle, et comme auxiliaire de puériculture à l’hôpital : j’ai eu la confirmation que je préférais le travail avec les enfants. »

Se jeter dans le bain

Sur liste d’attente après sa réussite au concours d’auxiliaire de puériculture en 2013, Agnès se tourne vers l’animation et découvre, par le bouche-à-oreille, que la mairie de l’Ile d’Abeau cherche un animateur périscolaire. Elle est recrutée en CDD un an, puis en CDI à temps partiel, pour assurer la garderie et les temps d’animation périscolaire. Un saut dans l’inconnu un peu délicat : « Je ne savais pas ce que je devais faire, confie la jeune femme. En plus, il y avait des difficultés dans l’organisation ; finalement, on nous demandait de veiller en priorité à la sécurité, l’animation était secondaire. »

Les choses s’améliorent au fil des mois, Agnès prend en charge des groupes d’enfants et initie des activités : parcours de yoga, grands jeux, activités manuelles. « Je cherchais l’aide des collègues, et des idées sur Internet ! »

Avide de se former, la jeune animatrice est d’autant plus déçue de se voir refuser le CQP une première fois pour un stupide problème administratif. Qu’à cela ne tienne, elle fait les démarches nécessaires, s’inscrit à la Mission locale et à Pôle Emploi.

Tout à apprendre

« C’est la Mission locale qui m’a parlé d’un poste d’animateur périscolaire en Emploi d’Avenir à la mairie de Chamagnieu, se souvient Agnès. La commune ayant un projet éducatif local, cherchait un animateur formé : cela correspondait à mes attentes. » Résolue, elle démissionne de l’Ile d’Abeau pour intégrer son nouveau poste en mars 2015. Un poste multiple, mariant entretien, cantine et animation périscolaire, avec un contrat de 24 heures hebdomadaires.

« Pour commencer, je passe dans toutes les activités périscolaires, avec de multiples intervenants, pour découvrir, dit-elle. C’est la première année que Chamagnieu en place les temps d’animation périscolaire et il faut du temps pour que ça s’organise. » Cette fois, pas question de laisser passer la formation : Agnès s’est inscrite au CQP avec de fortes attentes. Elle s’appuie aussi beaucoup sur sa tutrice. « J’espère apprendre des idées de jeux, des façons de régler les conflits, les réglementations. » Et de confier qu’être formée lui permettra de diminuer la part de stress liée à la responsabilité de s’occuper d’enfants. « J’ai beaucoup de questions à poser, et le formateur est là pour nous écouter et nous répondre, se félicite-t-elle. On parle par exemple beaucoup de pédophilie, et je me demande ce que dit la réglementation : a-t-on le droit de rester seul avec un enfant ? »

Pour la suite, Agnès a déjà prévu de se former le mieux possible, afin d’ouvrir toutes les portes possibles. Elle envisage de passer le BPJEPS, d’approfondir ses connaissances en psychologie de l’enfant. « J’aimerais devenir éducatrice pour enfants », dit-elle dans un sourire.

Hakima Zérif

Eclosion de talent

Première rencontre, en début de formation (mai 2015)

Hakima Zerif

 

 

 

 

 

Autant le dire d’emblée : Hakima Zérif a une vocation, qu’elle n’a pas encore réussi à approcher. Elle voudrait être fleuriste mais, allez savoir pourquoi, son entourage l’a dissuadée de se lancer. Elle a pour l’instant mis de côté ce joli rêve, mais rien ne dit qu’elle ne le réalisera pas. En attendant, elle mène sa barque courageusement, et laisse éclore de nouveaux talents au fil de ses expériences.

Hasard de parcours

Hakima a quitté l’école en 3e, puis est passée par l’Ecole de la 2e chance. Elle a ensuite enchaîné les missions d’intérim et les CDD alimentaires : entretien de bureaux, blanchisserie, caisse en grand magasin. Rien de bien intéressant, jusqu’à ce poste en centre de loisirs à Gières le mercredi. « C’était de la garderie plus que de l’animation, de plus je n’avais pas d’expérience, raconte-t-elle. Mais ça m’a intéressée de continuer et j’ai ensuite envoyé des CV pendant des mois avant de trouver quelque chose. » En l’occurrence, un Emploi d’Avenir à Saint-Martin d’Uriage : Hakima passe un entretien en avril 2015, elle est recrutée dans la foulée.

Tout apprendre

A peine embauchée, Hakima démarre la formation CQP. « J’en avais besoin, j’avais plein de questionnements avant de commencer à travailler, confie-t-elle. Ça m’a permis d’acquérir les bases, autant sur le contenu des activités que sur les besoins des enfants ou la réglementation. »

A l’aise avec les enfants, Hakima s’appuie sur ses cours ainsi que sur l’aide de sa tutrice. « Elle me donne des documents sur les activités et toutes les informations utiles, elle répond aussi à mes questions : c’est important de l’avoir à mes côtés », note la jeune fille. A 21 ans, Hakima prend doucement ses marques dans ce métier qui lui plaît indéniablement.

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Deuxième rencontre, en cours de formation (octobre 2015)

Une confiance qui croît

Elle l’avoue toute étonnée : Hakima Zérif ne pensait pas valider ses premières unités de certificat. « C’est une surprise pour moi qui n’étais pas forte à l’école, en commençant la formation, je ne pensais réussir, confie-t-elle. Maintenant, je me fais plus confiance. » Mieux, la jeune femme envisage désormais d’aller plus loin, de profiter de ce bel élan pour repousser les limites qu’elles se fixait à elle-même. « Pendant cette année m’est venue l’idée de tenter le BPJEPS pour travailler avec des personnes handicapées par exemple », explique-t-elle.

Clarification

Ce qui donne à Hakima cette belle et nouvelle assurance, c’est bien sûr la réussite de son parcours de formation, mais aussi la pratique quotidienne de sa mission auprès des enfants. « Je me sens bien dans mon travail, maintenant que j’ai pris mes marques, relève-t-elle. Je donne mon avis sur les activités, et ma tutrice m’encourage à le faire. » Elle vient ainsi de proposer un atelier « perles » qui démarrera prochainement. Avec les enfants, le courant passe de mieux en mieux. Hakima s’est inspirée des activités présentées par des intervenants durant la formation pour organiser des séances « scientifiques » qui ont beaucoup plu. « La formation m’apporte aussi beaucoup sur le manière de nouer des contacts avec les parents et les familles, les choses me paraissent plus claires », se réjouit-elle.

En Contrat d’Avenir avec le Centre de Gestion de l’Isère jusqu’au mois d’avril 2016, l’animatrice espère rester à son poste ensuite. « J’aime ce que je fais », assure-t-elle. Et pourquoi pas démarrer le BPJEPS dans le foulée du CQP. Assurément, cette voie inattendue séduit la jeune femme, qui compte bien l’explorer plus avant.